20 mai 2006
Luca Turilli’s Dreamquest – Lost Horizons
Magic Circle Music – SPV / 2006
Track List (48:17)
1. Introspection 2. Virus 3. Dreamquest 4. Black Rose 5. Lost Horizons 6. Sospiro Divino 7. Shades of Eternity 8. Energy 9. Frozen Star 10. Too Late 11. Dolphin’s Heart 12. Gothic Visions
Après l’achèvement de sa trilogie, Luca Turilli met en marche son nouveau projet pour lequel il a décidé de se consacrer uniquement sur les claviers avec pour but la composition de titres axés sur le chant féminin, le symphonique sans oublier les sonorités électroniques pour établir un style défini selon la bio comme du "Symphonic Electro Metal".
Il ne faut pas s’y tromper ce Lost Horizons, ouvrant une nouvelle ère pour Luca, est fortement lié à toutes les réalisations déjà proposées par l’italien, cet album laisse d’ailleurs un goût très prononcé de mix entre Prophet of the Last Eclipse et The Infinite Wonders of Creation.
Le talent de composition et le côté très accessible de la musique sont au rendez-vous, il y a des choses immuables dans cette musique.
La bio ne précise pas les chanteuses présentes sur ce premier effort (le second est déjà composé, Luca voulant le plus rapidement jouer live avec ce nouveau projet avec un grand choix de titres), on devinera aisément la présence de Floor Jansen (After Forever) dont le travail est absolument prodigieux et incontestablement elle figure aux panthéons des vocalistes metal et bien plus encore (est-elle seule à tenir les vocalises, là est la question ?)
Il est précisé que "Dreamquest est une expérience unique malgré les comparaisons que l’on pourrait faire face aux travaux précédents de Luca", rien n’est moins sûr tellement on trouve ici des traces de tout ce que l’on connaît de Luca mais faut-il préciser que jusqu’à présent jamais Luca Turilli n’a été décevant, une nouvelle fois cet album va tenir une place de choix dans ce metal si spécial et diversifié si cher au guitariste de Rhapsody qui répétons le est ici simplement maître de la destinée des claviers ce qui confère aux guitares une place assez peu intéressante même si leur présence se remarque.
Lost Horizons a pour dominante un fort pouvoir d’accroche, Luca a visiblement l’intention d’agrandir le champ de son public potentiel en fournissant des titres entraînants et mélodiques où les orchestrations sont bien évidemment présentes allant même jusqu’à nous offrir un titre digne d’un opéra où le chant prend toute son ampleur, Sospiro Divino.
Il vous suffit de retenir les trois éléments suivants pour savoir si cet album est fait pour vous : Luca Turilli, metal symphonique à tendances électroniques et chant féminin…si vous tremblez à ces idées, Dreamquest et Lost Horizons sont fait pour vous sans hésitation.
Finalement, l’album comprendra un titre supplémentaire, Kyoto’s Dance, et Gothic Visions fera figure de bonus track sur la version limitée.
Clayman [8,5/10]
Raise Hell – City Of The Damned
Track List (45:34)
1. Devil’s Station 2. City Of The Damned 3. Like Clowns We Crawl 4. Reaper’s Calling 5. Open Your Mind 6. Ghost I Carry 7. My Shadow 8. To The Gallows 9. I
10. Rising
L’avenir de Raise Hell était incertain après leur fin de contrat avec le très gros Nuclear Blast, les suédois nous reviennent pourtant après quatre ans d’attente grâce à un nouveau deal sur Black Lodge avec entre les mains ce quatrième album, leur EP de 2005 étant anecdotique.
Raise Hell n’est jamais parvenu à décoller et il est peu probable que ce City of the Damned vienne sortir de l’ombre le thrash assez peu convaincant du quatuor. Les deux albums précédents ont été produits par Anders Friden, Raise Hell a pu accompagner Destruction sur une mini tournée et a été invité deux fois au Wacken, il y avait de quoi se soucier du groupe et pourtant…
A base de titres majoritairement mid-tempo, Raise Hell nous ramène en des temps reculés (pas si lointains) où le thrash dominait la scène mais s’ajoute à cela un côté peu novateur et un manque cruel de puissance. Ces dix titres naviguent à vue sans jamais nous faire décoller, le temps passe et l’album file sans retenir l’attention hormis sur quelques passages heavy sympathiques (Reaper’s Calling) et quelques solos bien léchés (Like Clowns We Crawl).
My Shadow montre pourtant des volontés d’accélération mais celle-ci s’avère vaine par le peu d’intérêt du morceau. Le nouveau venu au chant, Jimmy Fjällendahl, remplace Jonas Nilsson qui désormais se consacre exclusivement à sa guitare, ce nouveau vocaliste est convaincant mais Jonas apportait une dose d’agressivité brute et directe que son remplaçant ne parvient pas à atteindre d’où un côté moins tranchant sur les titres.
Raise Hell reste honnête dans son thrash mais a perdu en impact ce qu’il a gagné en technique au détriment d’un album qui aurait mérité meilleur sort.
Clayman [5,5/10]
Paul Di'anno - Italie 12, 13 & 14.05.2006:
Une année sans concert de Paul Di’anno c’est long pour tout vieux fan d’Iron Maiden qui se respecte… Nous profitons donc du fait que le chanteur donne une série de shows en Italie pour nous faire un petit périple de 1500 km dans le week-end, ce qui nous permettra de voir trois représentations.

12.05.2006 - Turin - Fabrik:
Taux de remplissage: 200
Son: Bon et fort
Lights: Légers mais bons
Ambiance: Bonne même si le public semblait être endormi par moment
Moment fort: « Sanctuary »
Setlist:
01. Intro
02. Ides Of March
03. Whrathchild
04. Prowler
05. Marshall Lockjaw
06. Murders In The Rue Morgue
07. The Beast Arises
08. Children Of Madness
09. Remember Tomorrow
10. Impaler
11. The Living Dead
12. Faith Healer
13. Killers
14. Phantom Of The Opera
15. Running Free
-=-=- Rappels -=-=-
15. Transylvania
16. Blitzkrieg Pop (reprise Ramones)
17. Sanctuary
Aucune difficulté pour trouver cette salle qui est implantée en banlieue de Turin dans une zone industrielle et comme son nom le suggère est installée dans une ancienne usine. Une centaine de fans est présente devant la Fabrik et nous nous réhydratons en attendant l’ouverture des portes qui est bien tardive. Paul Di’anno sort quelques instants pour fumer une cigarette et semble réellement heureux de nous voir, me tombant littéralement dans les bras pour me faire la bise… si on m’avait dit ça il y a 23 ans quand j’ai découvert Iron Maiden. Il dit être fatigué et parait très stressé, mais cela semble être, malgré la quantité hallucinante de concerts qu’il a donné, une de ses caractéristiques premières.
Nous pénétrons dans les lieux et tombons sur le stand de Eddie, le fan-club Italien d’Ion Maiden (http://www.eddies.it) dont le président Marco Gamba, par ailleurs auteur des géniaux « Collectibles » et « Iron Maiden Companion » est une vieille connaissance. (Ciao Marco !!!)
La Frabik est une boite de nuit avec un scène de bonne taille mais peu surélevée. A l’étage se trouvent des coursives et une petite salle ou est diffusé à très fort volume une espèce de techno pour métalleux ravers.
Paul Di’anno a eu la bonne idée de conserver pour cette tournée les musiciens de Children Of The Damned qui en plus du show principal assurent la première partie avec leur propre chanteur. Le groupe est très bon et le nouveau guitariste soliste déjà vu l’année dernière assure impeccablement les solos. Les albums de l’aire Bruce Dickinson sont rapidement visités, donnant un plaisir non dissimulé à un public clairsemé, environ deux cent personnes seulement répondront à l’appel.
Une courte pause et la sono balance l’intro avant que le groupe n’enchaîne sur « Ides Of March » et « Whrathchild ». Le son est fort et bon et Paul Di’anno est très en voix. La set-list sera classique, alternant morceaux de la vierge de fer de sa période avec ses titres solos les plus emblématiques. Un petit passage par « The Living Dead », titre tiré de son nouvel album déjà disponible au Japon et à venir en Europe. Le chanteur prend beaucoup de plaisir sur scène, même si il semble agacé par le public par moment bien lymphatique. Il se lance dans quelques phrases humoristiques dont il a le secret mélangeant à ses occasions Italien et Anglais. Fait suffisamment rare pour être noté, il ne vanera pas Maiden ce soir, ayant parlé avec lui de long moment, je peux vous dire qu’entre Steve Harris et lui, l’heure semble à la réconciliation, qui vivra verra… Gage du regain de forme du bougre, le show ne sera pas écourté et s’achèvera après la dynamique reprise des Ramones « Blitzkrieg Pop » sur le non moins accéléré « Sanctuary », cette chanson dégueulant littéralement d’énergie.
Un premier soir qui à lui seul valait déjà le déplacement qui se conclue par un entretient avec Lea Hart (guitariste / chanteur très important dans les eighties et manageur de Paul Di’anno). La musique diffusée à un volume déraisonnable écourtera notre conversation, mais il sera bien amusé de savoir que nous allons passer la nuit dans la voiture sur le parking…

13.05.2006 - Vérone - Gate 52:
Taux de remplissage: 300
Son: Excellent et très fort
Lights: Bons sur les côtés et derrière, inexistants au milieu
Ambiance: Excellente
Moment fort: L’intégralité du show
Setlist:
01. Intro
02. Ides Of March
03. Whrathchild
04. Prowler
05. Marshall Lockjaw
06. Murders In The Rue Morgue
07. The Beast Arises
08. Children Of Madness
09. Remember Tomorrow
10. Impaler
11. The Living Dead
12. Faith Healer
13. Killers
14. Phantom Of The Opera
15. Running Free
-=-=- Rappels -=-=-
15. Transylvania
16. Blitzkrieg Pop (reprise Ramones)
17. Sanctuary
Peu de kilomètres à faire aujourd’hui, ça tombe bien car on gallèrera bien pour trouver la salle qui est implantée dans une zone commerciale entre un Nauroto et un magasin de fringues. Nous aurons néanmoins le temps de nous réapprovisionner en boissons diverses et variées dans un Auchan et un Carrefour, les deux marques ayant envahies l’Italie.
Les lieux réservent une sacrée surprise, car il s’agit d’une véritable salle de concert d’environ 1200 à 1500 place installée au sous-sol. La scène est d’une belle superficie avec barrières de sécurité et fosse à photographe. A notre arrivée Children Of The Damned en est aux balances. Le son est énorme, très fort et surtout très clair. A l’issue, nous saluons tout le monde et sortons patienter à la voiture. Paul Di’anno passant par là nous explique qu’il est crevé, n’ayant pas dormi la veille depuis son départ d’Angleterre. Il décline notre invitation à boire un coup au kangoo, voulant aller dormir à son hôtel… tant pis pour lui, nous boirons seuls notre Jägermeister et notre bière !
Encore une fois l’ouverture des portes est bien tardive, aux alentours de 23h30.
Ce soir un groupe a été rajouté en première position : Rain Crew. Cette formation qui m’est totalement inconnue a à son actif une tripoté d’album, un DVD live et pas mal de supporters. Les Italiens oeuvrent dans un Heavy-Metal traditionnel bien interprété. Leurs compositions sans être vraiment originales passent bien. Les solos sont sympas et seul le chant un peu trop stéréotypé, mais malgré tout de qualité, tend à ternir l’ensemble. Un bon concert d’ouverture néanmoins, ce qui inévitablement nous fait regretter les premières partie généralement moisie dans notre beau pays.
Children Of The Damned assurera une prestation légèrement plus longue et quasi-équivalente à celle de la veille. « Revelations » se révèlera particulièrement bonne, alors que le chant sur « Fear Of The Dark » sera moins au top. Quel dommage que ce groupe n’interprète pas à ces occasions, des titres rarement, ou jamais joués, par Maident tels qu’ « Alexander The Great » ou « The Rime Of The Acient Mariner » alors qu’ils le font lorsqu’ils proposent un set complet.

C’est un Paul Di’anno radieux et survolté qui investit la scène. La set-list sera identique à la veille, mais les conditions optimales conjuguées à un public plus conséquent (un peu moins de 300 personnes à vue de nez) feront que le chanteur donnera son meilleur concert qu’il m’ait été donné de voir. Une voix puissante, allant du mélodique et des intonation Maidenesques jusqu’au chant le plus agressif et une énergie décuplée finiront de légitimer la réputation d’un Paul Di’anno des plus décrié ces dernières années par une presse bien pensante. Détail amusant, à un moment des fans crieront des « Maiden ! Maiden ! ». Le chanteur dira alors « Nous ne sommes pas Iron Maiden ! Nous sommes meilleurs ! Si vous voulez écouter du Maiden, vous pouvez partir ». Cinq ou six adolescent tomberont dans le panneau, manifestement persuadés qu’il n’en jouerait plus ce soir et quitteront les lieux tête basse. Nous rirons bien de cela avec Lea Hart !
Radieux lorsque nous le rencontrerons backstage, visiblement fier de sa performance, il sera heureux de deviser sur tout un tas de choses. Nous pourrons même pleurer sur l’épaule l’un de l’autre, son équipe fétiche West-Ham ayant perdu en finale alors que de mon côté l’OM n’est pas qualifié pour une coupe d’europe. Un moment bien décalé ou nous obtiendrons même une confession de poids : les titres qu’il a composé et qui ont fini sur « The Number Of The Beast », mais secret oblige, vous n’en saurez rien !
Retour à la voiture ou nous buvons des boisons diverses et étranges sous une pluie conséquente avant de nous poser pour la nuit. Ces aventures feront d’ailleurs dire à Paul Di’anno que nous devrions écouter « I’m Living In My Car des UK Subs » avant de nous qualifier de « Crazy Fuckers ».

14.05.2006 - Bologne - Astragon:
Taux de remplissage: 350
Son: Bon
Lights: Très bons
Ambiance: Excellente
Moment fort: « Phantom Of The Opera » & « Killers »
Setlist:
01. Whrathchild
02. Prowler
03. The Beast Arises
04. Killers
05. Phantom Of The Opera
06. Running Free
07. Blitzkrieg Pop (reprise Ramones)
Au réveil, le ciel c’est éclairci et nous faisons un petit tour dans Vérone avant de reprendre la route. Sur le plan l’Astragon semblait aisé à trouver semblant être à côté du site visité par deux fois pour les Gods Of Metal. Il n’en était rien… 01H15 de route et 01H30 pour trouver ! La numérotation non métrique anarchique et l’absence totale d’indication si chères à l’Italie peuvent avoir raison de n’importe quelle bonne volonté, mais nous tiendrons bon ! La salle ressemble à un hangar et après un bon moment passé à discuter avec les divers membres des groupes qui passent à proximité du Kangoo (et de nos boissons), le chanteur de Children Of The Damned nous rapatrie dans leurs backstages où nous patientons confortablement. Il nous est expliqué que comme il y a quatre groupes à l’affiche ce soir, le set sera réduit. Paul Di’anno et Lea Hart débarquent et une setlist peine à être bâtie, le groupe n’ayant que quarante minutes à jouer. La vodka permet de rester zen, même si de son côté le chanteur a bien du mal à obtenir la pression qu’il réclame.
Markonee ouvre le bal avec un Hard-Rock pas exceptionnel mais bien joué. Ca ne décollera jamais mais ça ne sera pas chiant non plus, c’est déjà ça !
Rain Crew donnera exactement la même impression qu’à Vérone. Ils ne nous auront pas lassé en deux concert successifs, gage qu’il se passe quelque chose.
Children Of The Damned jouera les mêmes titres que la veille. « Fear Of The Dark » sera bien meilleure et aucune fausse note particulière n’est à relever.

Après un changement de plateau rapide, Paul Di’anno à nouveau en grande forme ira à l’essentiel avec le peu de temps qui lui est imparti. La foule relativement conséquente se montrera la meilleure des trois soirs auxquels il nous a été donné d’assister, répondant aux moindres sollicitations du chanteur. « Killers » sera à nouveau un des moments forts du concert, tant le chanteur sera excellent sur ce titre, qu’il aura préalablement dédié au premier ministre Anglais et à toutes les victimes de la tyrannie dans le monde. Après la toujours tonique reprise des Ramones le groupe s’éclipsera devant un public incrédule devant la courté du set car il est vrai que la démarche de faire venir Paul Di’anno pour le faire jouer aussi peu de temps peut sembler étrange. Il n’empêche que ce concert fut également très bon, se concentrant réellement sur l’énergie et mettant en parenthèse les titres les plus calme accouchant ainsi de quarante minutes de furie.
650 kilomètres nous attendant, nous ne nous attarderons pas dans les backstages, même si les au revoirs seront relativement longs, tant ces trois jours furent exceptionnels ! Approcher ainsi et partager autant de temps avec une de ses idoles est un moment rare… le vivre aussi intensément auprès de personnes aussi sympas et affables engendre une addiction sans limite qui bien vite fait dire… on remet ça ?
Les photos sont ici.
Spéciale dédicace à Paul et Lea !
Murder-One
Dezperadoz : La légende… et la vérité d'un cow-boy d'outre-rhin !

Alex Kraft est connu des initiés pour être le guitariste attitré de Tom Angelripper au sein d’Onkel Tom. En 2000 Alex et ce même Tom Angelripper sortaient avec Desperados « The Dawn of Dying », un bon album de Thrash à la sauce western. Depuis silence radio de ce projet parallèle jusqu’à ce que déboule « The Legend And The Truth ». La modification du nom du groupe devenu Dezperadoz n’est que la partie émergée de l’iceberg des changements. Ce disque, qui est une véritable réussite, est plus Rock, et Alex débarque également là où on ne l’attendait pas : au chant ! Une petite interview devrait permettre d’en apprendre plus sur ce personnage atypique… (par Murder-One)

Alex Weigand (basse) - Sascha Tilger (batterie) - Alex Kraft (guitare) - Dennis Ward (guitare)
Alex kraft : Salut, c’est Alex Kraft de Dezperadoz…
Metalchroniques : Bonjour, comment vas-tu ?
Alex kraft : Bien, mais j’ai beaucoup de choses à faire… (rires)
Metalchroniques : Je te connais car je t’ai vu à plusieurs reprises jouer en Allemagne avec Onkel Tom…
Alex kraft : … cool…
Metalchroniques : … dans quels groupes as-tu joué auparavant ?
Alex kraft : J’ai joué dans un groupe nommé Jail ici en Allemagne. Nous avons aussi donné des concerts en Autriche et en Suisse. Nous avions un contrat avec une maison de disques et avons vendu dans les cinq mille albums. C’était un petit groupe mais c’était cool. Depuis des années, je fais partie en Allemagne d’un groupe hommage à AC/DC qui est devenu célèbre : Dirty Deeds. Nous jouons uniquement des titres le l’aire Bon Scott. Je travaille aussi en tant que musicien de studio pour des publicités et ce genre de choses. Je joue de la guitare et j’écris des musiques.
Metalchroniques : le nouvel album de Dezperadoz « The Legend And The Truth » est basé sur le légendaire Wyatt Earp ; comment est venue cette idée ?
Alex kraft : Ca remonte à des années. Ma première idée était de faire ce genre de musique à l’époque du premier album. Initialement, j’avais étudié la guitare à Los Angeles. J’ai voyagé de cette ville à Las Vegas et à un moment j’ai eu envie de pisser. Je me suis arrêté à côté d’une vieille mine d’argent. C’était fantastique et très spécial car alors que j’étais en train de pisser, je me disais que je pissais sur un morceau d’histoire. C’est la première fois que je eu l’envie de mélanger de la musique Hard avec l’ambiance western. J’ai trouvé que ça pouvait donner un bon résultat. Tu connais des westerns comme le bon, la brute et le truand ?
Metalchroniques : Bien sûr…
Alex kraft : Pour moi ces films sont plus sombres et dangereux que ce que montrait le cinéma classique. C’est ce que j’avais envie retranscrire en musique, dans une sorte de fusion entre les bandes originales de ces films et le métal.
Metalchroniques : Ce second album est le fruit d’une longue attente. Ce délai est-il lié au fait qu’il s’agisse d’un album concept ?
Alex kraft : C’est une des raisons. J’aurai du produire cet album juste après le premier. Il est complètement différent de celui que j’avais fait avec Tom Angelripper… (Alex devient plus grave) Pour celui-ci j’ai vécu une période très difficile car j’ai perdu mon épouse. C’était vraiment très dur. Je ne voulais plus faire de musique et tout arrêter. Mais j’ai beaucoup d’amis comme Tom Angelripper qui m’ont dit que je devais faire ma musique et tout ce qui était lié à Dezperadoz. C’est pour cela que tant de temps a passé jusqu’en 2003 ou j’ai lu tous les livres que j’ai pu trouver sur Wyatt Earp. C’est… (long silence) Je peux comprendre sa vie. Ca n’est pas une vie comme celles présentées par les films hollywoodiens. Il n’était pas un héro hollywoodien. C’était un humain et il a perdu sa femme. Après cet évènement, il est devenu un gangster. C’est ce qui m’a vraiment intéressé en lui et qui a fait que ça m’a pris autant de temps.
Metalchroniques : Ce que tu viens de me dire explique les côtés sombres de cet album…
Alex kraft : Oui…
Metalchroniques : Cette fois Tom Angelripper n’apparaît qu’en tant qu’invité et non pas sur la totalité du disque, était-ce pour faire l’album comme tu le voulais ?
Alex kraft : Oui. C’est lui qui m’a poussé à cela. Il m’a dit que je ressentais l’histoire de Wyatt Earp et que je devais faire ce disque parmoi-même. Si je l’avais souhaité Tom aurait chanté toutes les chansons, mais il m’a dit que j’avais les capacités pour le faire. Je ne croyais pas en ma voix…
Metalchroniques : Le résultat est très bon. J’ai été totalement surpris car, te connaissant comme guitariste d’Onkel Tom, je ne t’attendais pas à ce niveau en tant que chanteur …
Alex kraft : … waou, merci beaucoup, c’est super d’entendre ça. Tom m’a dit de faire ce disque par moi-même et que lui avait à s’occuper de Sodom. Il m’a proposé de m’aider mais a insisté pour que je fasse tout tout seul. C’est ce qui m’a poussé à essayer et à le faire.

Metalchroniques : C’est la raison pour laquelle tu as légèrement changé le nom du groupe de Desperados à Dezperadoz, afin de faire une cassure ?
Alex kraft : En fait le vrai problème avec Desperados avec deux « s » est qu’il s’agit d’une marque de bière, et que si tu cherchais sur internet avec google, tu tombais sur deux mille sites sur la bière avant d’arriver au mien.
Metalchroniques : (rires) … j’ai cherché trop loin …
Alex kraft : (rires) … oui. Mais ton idée est bonne aussi. Avec deux « z », on retrouve la prononciation exacte en vieux Mexicain, en vrai Mexicain. En fait ce terme désignait à l’époque une personne bizarre, un assassin.
Metalchroniques : La musique de Dezperadoz est relativement différente de ce que tu fais avec Onkel Tom, comment la décrirais tu à quelqu’un qui ne la connaît pas ?
Alex kraft : Je pense qu’en Allemagne, en Autriche et Suisse, Tom Angelripper est très célèbre. Son groupe n’est pas un groupe à proprement parler dans le sens ou c’est plus un amusement ; nous buvons beaucoup de bière. Avec Dezperadoz c’est la première fois que des gens différents m’envoient des e-mails ne disant pas nous boirons un coup, nous ferons la fête et boirons un coup, etc… Ce coup-ci les gens me disent c’est cool, tu as fait un bon album, un album très profond. Je ne sais trop quoi en dire car pour moi ce disque est très important et les gens semblent comprendre ce que j’ai voulu exprimer. Ca n’a rien à voir avec le nombre d’albums que nous vendrons, l’important est que les gens perçoivent ce que j’ai voulu faire.
Metalchroniques : Comment est venue l’idée d’intégrer la chanson « Rawhide » à ce disque ?
Alex kraft : C’est le thème d’une très vieille série télévisée sur les cow-boys. Ca n’était pas sur les gangsters mais sur les cow-boys, et cette chanson collait parfaitement au thème et à l’atmosphère. Ce morceau est moins sombre que le reste de l’album et apporte un peu de fraîcheur, il est plus Rock’n Roll. (rires)
Metalchroniques : un peu de paix au milieu de ce disque… (rires)
Alex kraft : … (rires) absolument !
Metalchroniques : La production est impressionnante, l’a tu assurée toi-même ?
Alex kraft : Oui…
Metalchroniques : Dans un studio professionnel où chez toi ?
Alex kraft : Un peu des deux. J’ai enregistré les guitares par moi-même, et j’ai produit le disque en collaboration avec Denis Ward le bassiste de Pink Cream 69.
Metalchroniques : J’ai trouvé le morceau « March To Destiny » relativement différent du reste de l’album, peux tu nous le décrire ?
Alex kraft : C’est une chanson dont j’ai eu l’idée alors que je me trouvais dans Elm Street à Tombstone. Cette rue conduit au fameux Ok Corral, là ou a eu lieux la non moins célèbre fusillade. « March To Destiny » n’est pas seulement le trajet du Cristal Saloon à Ok Corral, elle évoque aussi pour moi ma vie. Je suis un homme de la vieille école, et je crois en des valeurs comme la vérité, l’honneur… enfin toutes ces choses qui avaient de l’importance avant. Beaucoup de gens rient quand je leur parle de cela. « March To Destiny » symbolise le fait qu’après les moments difficile que j’ai traversé, il m’a fallu continuer à avancer, et que j’ai du me battre aussi bien contre moi-même que contre les autres. Heureusement à mes côtés j’avais mes vrais amis qui m’entouraient, exactement comme ceux qui on fait cette marche à l’époque.
Metalchroniques : Tu vas tourner en première partie de Krokus et d’Axxis, sera-t-il facile de ne jouer que quelques extraits de ce disque alors que conceptuel, il présente une entité ?
Alex kraft : C’est possible car nous jouerons entre trente-cinq et quarante minutes. Je pense que nous pourrons en jouer la majeur partie, dont « March To Destiny », qui comme je te le disais est très importante. Je pense que dans les festivals comme Wacken, je pourrai l’interpréter en entier, ça devrait fonctionner.
Metalchroniques : Justement, rien n’est prévu pour l’instant en France, dans quels festivals auront nous l’occasion de te voir ?
Alex kraft : Nous ferons donc le Wacken, et pour le reste j’espère pouvoir jouer partout ! Les membres du groupe sont de vieux amis ; nous sommes des rockeurs, et si nous avons simplement les moyens financiers de le faire, nous le ferons. Nous ne faisons pas cela pour gagner des fortunes ou d’autres choses du genre, mais pour donner des concerts et proposer un spectacle au public. Nous avons l’ambition de venir jouer en France, d’aller en Belgique… je l’espère.
Metalchroniques : … j’espère aussi mais c’est très difficile en ce moment en France…
Alex kraft : … ça n’a pas d’importance pour les cow-boys (rires)
Metalchroniques : … (rires) vous viendrez à cheval ?
Alex kraft : … (rires) Non. Avec mon groupe de reprises, nous avons joué à Kabul en Afghanistan … je ne connais pas le jour de ma mort, mais je veux profiter de la vie et faire le maximum de choses.
Metalchroniques : Quelques mots pour nos lecteurs pour finir cette interview ?
Alex kraft : J’espère vraiment que j’aurai la chance de jouer en France et que le gens comprendront cet album. Je serai très heureux que les gens aiment ce disque, c’est pour moi le plus important avec le fait qu’ils le comprennent. Pour moi ça serait réellement un grand plaisir et un honneur.
Dernier album : « The Legend And The Truth » (AFM - Underclass / 2006)
Site officiel : http://www.dezperadoz.com/
Faro - Angelost
MTM music - Underclass / 2006
tracklisting (47:41): 01.desdemona 02.desert moon 03.world of fools 04.the forbidden land 05.heavenly light 06.strange dreams 07.damned eternally 08.where did it go 09.the one 10.destination 11.dancing in the dark (Bruce Springsteen cover)
Faro n'est pas un mauvais groupe, il est tout simplement moyen. Avec un guitariste moyen (il est nouveau et il vient de Jaded Heart, groupe FM allemand) et des chansons moyennes. Les riffs ont droit à leur lot d'harmoniques sifflantes, le chant de Chitral Somapaya (Avalon) évoque toujours autant Klaus Meine, et parfois il le clone à la perfection. Angelost ne sera qu'un album de hard mélodique de plus, essentiellement inspiré par Scorpions, avec une touche de Rainbow (un côté Dio pour le chant).
Trois ans après leur premier opus, seul le vocaliste est resté, mais il semble que ce renouvellement n'a pas apporté grand chose artistiquement parlant. Les refrains des premiers titres ("desert moon" et "world of fools") sont similaires et peu accrocheurs, façon hymne viril mais mélodique (remember Accept ?).
Pas de quoi donc sortir des divisions inférieures, et encore moins quand on a l'idée saugrenue de s'attaquer au "dancing in the dark" de Bruce Springsteen pour clore l'album. Une reprise abominable, qui n'est pas loin du ridicule. Heureusement que le Boss n'entendra pas ça, il serait bien capable d'en retourner deux au petit Chitral.
[6/10]
David Taugis
Dio - Holy Diver Live
Eagle Records - Naïve / 2006
Tacklist (113:50):
CD 1 :
01. Stand Up and Shout 02. Holy Diver 03. Gypsy / Drum Solo 04. Caught in the Middle 05. Don’t Talk to Strangers 06. Straight Through the Heart 07. Invisible 08. Rainbow in the Dark 09. Shame on the Night / Guitar Solo
CD 2 :
01. Tarot Woman 02. Sign of the Southern Cross 03. One Night in the City 04. Gates of Babylon 05. Heaven & Hell 06. Man on the Silver Mountain 07. Long Live Rock ‘N’ Roll 08. We Rock
J’en entends déjà demander comment il sefait que Dio revienne déjà dans les bacs alors que l’année dernière « Evil Or Divine: Live in New York City » avait déjà été balancé à la face du monde. Seulement voila, ce « Holy Diver Live » n’est pas un simple enregistrement en public, c’est avant tout un morceau d’histoire.
Pensez donc, enregistré le 22 octobre 1995 à Londres, ce double album renferme pas moins de l’intégralité du cultissime « Holy Diver », dont les titres, excusez du peu, sont interprétés dans l’ordre de l’album originel !
Le son est énorme ! La voix de Dio n’ayant jamais déçu, je ne vais pas m’étendre sur les qualités de ce chanteur d’exception. Comme d’habitude, les musiciens qui l’accompagnent sont parfaits, avec une mention spéciale néanmoins pour le guitariste Doug Aldrich qui, bien qu’il soit le seul six cordiste de la formation occupe, littéralement l’espace, distillant à merveille les riffs acérés qui ne peuvent qu’impressionner. Le bougre est fort et joue fort. Son jeu vaut à lui seul l’acquisition de cet album!
Le deuxième disque visite le reste de la carrière de Dio par le biais d’incontournables hymnes qui ne pouvaient être passés sous silence. La aussi l’interprétation est sans faille, donnant une pèche d’enfer à ces titres, pour certains déjà bien anciens.
Pas la peine de s’étendre plus : « Holy Diver Live » est PARFAIT ! Si j’ajoute à cela un beau livret avec des photos magnifiques, je ne peux que vous inciter à vous ruer chez votre disquaire pour faire l’acquisition de ce début d’année 2006.
Site officiel : http://www.ronniejamesdio.com/
[10/10] Murder-One

