15 novembre 2006
Kemet - The rules of equilibrium

Manitou – Socadisc / 2006
Tracklisting :
01.fuck with the enemy 02.saturday night sinner 03.my favourite you 04.a perfect evidence 05.mass disorder 06.soeur de sang 07.I’ll save the universe 08.I saved the universe 09.take you back
Attention mesdames et messieurs ! Kemet sont de retour ! Les habitués sauront à quoi s’attendre, enfin… Presque ! Un croisement de dark metal et de goth rock peaufiné et classieux comme on les aime… Mais The Rules of Equilibrium apporte bien plus que ça. Une longue attente n’aura pas été vaine car Kemet se sont réinventés, se son retrouvés, se sont mutés…
Quelle richesse de compo, avec pour fondation une production très plaisante, qui laisse respirer les très nombreuses idées de nos petits frenchies tout en collant parfaitement à l’ensemble et en rendant le tout très accessible.
Dur de trouver un moyen de commencer cette énumération d’améliorations face à un travail si abouti. Saturday Night Sinner se pose en égérie de ce nouvel album étonnant et enivrant. Avec ses parties de gratte sèche, le chant d’Eric qui défie toutes nos espérances, des ambiances et arrangements plus que travaillés mais sans jamais tomber dans le grotesque… Que du bonheur…
On part de ce que Kemet faisait déjà si bien, c’est-à-dire des riffs bien placés et sombres enlaçant des compositions tristes, mélodiques et riches ; pour pousser le tout vers quelque chose de plus rythmé, accompagné de nombreux effets électroniques jamais envahissants mais toujours bien pensés ! Les compos s’enchaînent avec aisance du lancement de Fuck With the Enemy jusqu’à l’excellente surprise de Sœur de Sang et son chant tout en français…
Au final le groupe nous délivre un album de dark metal varié et impressionnant, qui demandera de nombreuses écoutes pour être savouré à sa juste valeur… Un véritable travail d’orfèvre dans un style qu’on n’imaginait pas aussi malléable. Le groupe a su rester fidèle à ce qu’on attendait de lui tout en nous poussant vers l’avant avec férocité… Une réussite !
Necrogunslinger [08.5/10]
Taz Taylor Band – Welcome To America [Escape/Underclass – 2006]
1. Fighter's Fist 2. Radio Luxemburg 3. Parisienne Walkaways 4. Happy Hour 5. Haunted 6. Welcome To America 7. Wall of Sound 8. Silent Fall 9. The Reprise 10. Goodbye Mr C
Le guitariste de Birmingham un peu méconnu, Taz Taylor, a réussi l'exploit, pour son premier album non instrumental, d'associer Graham Bonnet à ce Welcome To America. Le choix de ce grand chanteur dut sembler naturel à un guitariste profondément inspiré par le hard de la fin des années 70' et du début des années 80', affichant comme influence les disques de Rainbow, ceux d'Ozzy époque Randy Rhoads etc.
C'est dire que la musique ici proposée n'est pas avant-gardiste, loin sans faut. Elle ne correspond par aileurs pas du tout à l'illustration criarde du disque. Il s'agit plutôt d'un hard rock très classique, classicisme réhaussé par une suite d'hommages plus ou moins maladroits (la reprise sans grand intérêt du « Parisienne Walkways » de Gary Moore et une espèce de medley, plus heureux, de « Goodbye To Romance » et de « Mr Crowley »). Même si Taz Taylor n'est pas un guitariste déplorable, bien au contraire – il s'illustre avec succès sur les titres instrumentaux notamment « The Reprise » –, l'intérêt principal de ce premier essai chanté est la prestation de Graham Bonnet, trop inactif depuis plusieurs années. Au final, on jugera qu'il effectue ici plus que le minimum : il y a de la conviction et de la motivation dans ses parties vocales, notamment sur « Fighter's Fist » ou sur le plaisant « Haunted ». C'est largement lui qui rend agréable l'écoute d'un disque ne prétendant en rien modifier d'un iota le paysage métallique actuel.
Baptiste
[7/10]
Jordan Rudess - Prime cuts
Magna Carta-Musea/2006
track list (61:59) 1. Universal Mind - Liquid Tension Experiment 2. Tear Before The Rain - Jordan Rudess (previously unreleased mix) 3. Revolutionary Etude - Jordan Rudess 4. Osmosis - Vapourspace Remix Of Liquid Tension Experiment 5. Faceless Pastiche - Rod Morgenstein and Jordan Rudess 6. Outcast - Jordan Rudess 7. Liquid Dreams - Liquid Tension Experiment 8. Hoedown - Various Artists ELP Tribute 9. Beyond Tomorrow - Jordan Rudess (previously unreleased mix) 10. Feed The Wheel - Jordan Rudess
Les temps sont durs pour Magna Carta, qui a perdu depuis longtemps son statut de label prog de référence. Entre des tributes en veux-tu en voilà et cette collection de fonds de tiroirs, ça sent la quête de renflouement bancaire...A fortiori quand ces albums sont vendus au prix fort...
Imaginez-vous que le site officiel de Rudess ne mentionne même pas cette compile dans sa discographie. Eh oui, tout comme Mike Portnoy, Steve Morse, Billy Sheehan ou Tony Levin, le claviériste de Dream Theater ne semble pas approuver cette sortie avec le même sourire que sur la pochette.
Contrairement aux apparences, notamment avec ce titre "prime cuts", cet album n'est pas un best of. Il s'agit d'une collection de morceaux parus sur ce label, soit en solo, soit sur des tribute albums, soit dans des groupes. On retrouve donc ici des titres de Liquid Tension experiment, du projet Rudess/Morgenstein et des albums solos de Sir Jordan.
Musicalement, la sélection montre assez bien les talents du maître, sans que ça puisse surprendre une seconde le fan de base ou même l'amateur de Dream theater. Aucun inédit, et une reprise dispensable du Hoedown de ELP (malgré un casting de rêve : Simon Phillips à la batterie, Jerry Goodman au violon, Marc Bonilla à la guitare).
Si on ajoute une interprétation à la Tony Macalpine d'une étude de Chopin (que le scribouillard du livret intérieur n'a même pas identifiée, croyant évoquer une compo originale !), ça ne laisse que peu de créations de Rudess lui-même.
Eventuellement, pour ceux qui ne connaissent pas du tout ses albums solo ("Rythmn of time", "Feeding the wheel", pour citer les meilleurs), ce "Prime cuts" découvriront que le clavériste chante très bien, surtout quand Kip Winger ajoute des choeurs derrière.
Que tout ça ne vous empêche pas de donner la priorité à l'album live de Dream Theater "Score", remarquable de bout en bout.
[5/10] David Taugis