13 décembre 2006
Arch Enemy + Textures - La Laiterie de Strasbourg, le 10 décembre 2006
Taux de remplissage – 500 à 600 Personnes
Son – Trop fort
Lights – Magnifiques
Ambiance – Electrique
Belle affluence ce soir pour Arch Enemy à Strasbourg. Le premier constat concerne le public: jeune et appliquant la parité, signe de la nouvelle notoriété de la bande à Mike Amott. Mais n'oublions surtout pas Textures. Les hollandais ont tout à prouver sur scène. Non pas que leur prestations soit réputées mauvaises, mais peu de gens (tout du moins ce soir-là) les ont déjà vu sur scène et leur thrash technique peut se transformer en mauvais mal de tête pour le public. Il n'en est rien. Textures dégage sur scène et n'a pas mis beaucoup de temps à convaincre. Bon, le son était faible et la foule parsemée. Mais ça n'a pas dérangé les musiciens, qui ont tout donné. Ils ont plutôt axé leur set sur l'énergie et le headbanging, et le son clair dont ils ont bénéficié les a fortement aidé. Un son faible, mais de qualité, ça aide. Du coup, ça headbanguait, ça slamait même. Belle surprise pour un groupe dont les rythmiques à l'envers pourraient embrouiller les cervicales du métalleux venu s'éclater. Le groupe a même atteint le but ultime de toute première partie : conquérir un nouveau public. Et lorsque Textures a dégainé un « Drive » surpuissant (avec un chant clair parfait de chez pafait), tout le monde a oublié Arch Enemy. Court mais intense et largement à la hauteur.
Textures a tout donné ce soir à Strasbourg
Arch Enemy était attendu ce soir. Le public était chauffé à blanc et n'importe qui aurait parié qu'Angela Gossow n'aurait qu'à montrer sa tête sur scène pour se mettre 500 personnes dans la poche. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Dès le premier morceau « Nemesis », c'est la guerre. La blonde arrive, peintures de guerre sur le visage et toute de noir vétue.

Le public plonge immédiatement et Arch Enemy a déjà réussi sa soirée. En plus, Angela, la maline, déclare que le public français est le plus fou au monde. Imaginez alors la fureur quand elle déclare, après 30 minutes de concert, que le public strasbourgeois est encore plus fou que le public parisien ! Évidemment, il n'y a pas qu'elle dans le groupe, le « boss » Mike Amott est largement aussi responsable de cette suprémacie, avec son jeu surpuissant et fin à la fois. La section rythmique complètement en place assure un set carré. En fait, c'est très simple, Arch Enemy est un vrai groupe de PROs. Aucune faille dans le jeu ni l'attitude des musiciens, certains s'autorisant même de poser pour les photographes, un à un (!!!), prenant les parfaites postures des rock-stars de l'extrême.
Mais tout n'était pas parfait ce soir-là. Le groupe ayant tout axé sur l'efficacité, il a perdu en finesse et en originalité. On ne va pas jouer les râleurs, mais la finesse et la grâce de Chris Amott (ancien guitariste et frère de M.Amott, ayant quitté le groupe après l'enregistrement du dernier album) ont terriblement manqué à Arch Enemy, même si son remplaçant Fredrik Akesson a été techniquement irréprochable.

Mike Amott : Guitar-hero du metal extrême
Le son était très fort, puissant, mais un peu brouillon, ce qui a aussi noyé les finesses guitaristiques si particulières à Arch Enemy dans un mur de son très agressif. La foule est aux anges, mais certains fans restent sur leur faim. Comme rien n'est laissé au hazard chez Arch Enemy, le groupe a entammé son set avec des chansons plutôt récentes, très dynamiques et puissantes (tiens tiens) et a terminé avec des clins d'oeil au passé. La palme d'or revient au monumental « Bury Me An Angel » qui, du coup, a râvi les fans de la première heure, avec ses harmonies et son break historique. Et même le final terriblement efficace de « We Will Rise » est fédérateur, on ne peut que s'interroger sur le futur du groupe. Ce choix tactique de la puissance au détriment de la finesse est-il uniquement scénique ou est-il définitif ? Et si Chris Amott avait quitté le groupe pour cette même raison?
Concert mitigé pour certains, énorme pour d'autre. Arch Enemy a fait un choix, et comme d'habitude, certains adorent et d'autres (non, on n'est pas des vieux cons!) veulent le Arch Enemy d'avant !
Yath
Dawn Of Silence – Moment of Weakness
Metal Heaven - Underclass / 2006
Track List (51:15)
1. Hands of Fate 2. Out of Time 3. Point of No Return 4. Long Time Dead 5. Moment of Weakness 6. Fire & Ice 7. Misguided Life 8. Midnight 9. Seeker of Truth 10. Dark Secrets 11. Seven Gates 12. Fear of Life
Dawn of Silence est le bébé de quatre jeunes suédois bercés au heavy mélodique très fortement influencés par l’avènement d’Hammerfall et par leur découverte d’Iron Maiden.
Ce premier album n’a strictement rien à offrir à la scène, Moment of Weakness enchaîne les morceaux sans laisser de trace, à peine retiendra-t-on les quelques riffs mélodiques et le chant parfois instable et souvent trop aigu.
Même Mathias Noren auteur de la pochette a déjà semblé plus inspiré, tout ici sent le réchauffé.
Tous les plans ont déjà traversé nos oreilles par le passé, il leur faudra bien plus pour réussir à sortir du lot sous peine de ne plus jamais entendre parler d’eux.
Autant récemment l’album de Sabaton m’avait plutôt paru sympathique dans le style alors que certains l’avaient poliment descendu et bien pour info Dawn of Silence fait du sous-Sabaton, vous savez donc à quoi vous attendre.
Clayman [3/10]
TNT – Live In Madrid [MTM/Underclass – 2006]
01. Invisible Noise 02. As Far As The Eye Can See 03. Downhill Racer 04. A Fix 05. She Needs Me 06. Give Me A Sign 07. Guitar Solo 08. Caught Between The Tigers 09. Listen To Your Heart 10. Black Butterfly 11. Seven Seas 12. Forever Shine On 13. Fantasia Espanola 14. My Religion 15. 10,000 Lovers (In One) 16. Intuition
Ce Live In Madrid ne devrait pas constituer le chant du cygne de TNT puisque le groupe a décidé de poursuivre son périple malgré le départ de son si emblématique chanteur, Tony Harnell. Il s'agirait plutôt du point d'orgue à toute une époque assez longue et chaotique, des premiers pas heavy metal du groupe (Knights Of The New Thunder) au succès des albums les plus FM du combo norvégien (Tell No Tales et Intuition) en passant par des disques plus récents assez inégaux. Le relatif échec artistique que constitua Halfway To The Sun explique peut-être la décision de départ d'Harnell, le combo paraissant dorénavant tourner en rond. L'ensemble de la discographie riche du groupe est couverte ici, avec une insistance sur les albums les plus réussis (trois morceaux de Tell No Tales et autant d'Intuition) et surtout sur le récent Give Me A Sign. Le choix me semble judicieux même si l'on peu regretter l'absence d'un morceau un peu daté mais excellent, « Tonight I'm Falling », passé à la trappe.
Pour le dernier concert d'Harnell avec TNT, on peut s'étonner que ce soit l'Espagne qui ait été choisie pour constituer le lieu de la confection d'un DVD car l'audience du groupe n'y a jamais atteint là-bas celle qu'il pouvait connaître au Japon et surtout en Norvège. TNT s'est produit donc ici dans une salle de format club, ce qui confère à ce DVD une chaleur assez intimiste, loin de l'anonymat des salles gigantesques et des stades. Les membres du groupe se sont vus par contre privés d'une certaine mobilité du fait de l'étroitesse très prévisibles de la scène. Cela ne dût leur constituer une gêne puisque l'exhubérance ne constitue pas vraiment la caractéristique principale de leur prestation sur ce DVD.
Précision aussitôt : l'interprétation générale est bien de très bonne qualité et d'un professionalisme sans faille. Tony Harnell, même s'il manque de l'entrain de jadis, pose sans voix avec une maîtrise indéniable et ne rate aucune montée dans les aigus, aussi périlleuses soient elles. Quant à Ronnie Le Tekro, son jeu technique et personnel n'a à subir aucun reproche, si ce n'est peut-être l'absence de moments mélodiques fort sur son solo. La section rythmique assure une dynamique puissante, servie par un son excellent de bout en bout. Les musiciens semblent heureux d'être là mais néanmoins un peu réservés, sans doute du fait de la perspective de ne plus jamais rejouer ensemble. Cet aspect un peu « clinique » est renforcé par l'utilisation manifeste de bande lors des refrains, sur par exemple le hit « Ten Thousand Lovers ». Quitte à perdre en peu en qualité vocale, nous aurions préféré nous contenter des voix des musiciens. Ce testament musical aurait dans ce cas alors parfait car TNT s'y montre globalement au sommet de son art.
Baptiste
[9/10]
