25 décembre 2006
Outworld – ST
Replica / 2006
Tracklist (xx:xx) :
1. Raise Hell 2. Riders 3. War Cry 4. Outworld 5. City Of The Dead 6. The Never 7. Prelude To Madness 8. Grey Tide 9. Thanatos
Jeune groupe texan dont il s'agit ici du premier disque, Outworld a gagné d'emblée un certaine notoriété en se voyant chaparder leur chanteur par un Masterplan récemment abandonné par Jorn Lande. Le groupe a toutefois aussitôt trouvé un remplaçant à Mike DiMeo, preuve s'il en est, qu'il paraît bien porté par la vague du succès.
À l'écoute de ce premier essai, on comprendra bien vite les raisons de l'intérêt croissant pour Outworld : la prestation de Mike DiMeo est proprement impressionnante de par la palette extrêmement étendue de ses capacités vocales ; des suraigus au lyrique et emphatique, rien ne lui est inaccessible. Je serai plus réservé sur le choix de ses mélodies vocales, car l'album manque quelque peu de lignes chantées mémorisables et accrocheuses, sans que celles qui sont proposées ici ne soient inintéressantes pour autant.
On dira, mutatis mutandis, la même chose du jeu des musiciens et notamment du guitariste, Rusty Cooley, au niveau étourdissant. À travers des rythmiques syncopées, heurtées ou speed et sombres, à la manière d'un Nevermore, il étaie des structures de chanson puissantes, variées et complexes, lorgnant fréquemment vers Dream Theater ou Fates Warning. L'ensemble manque cependant globalement d'un riff émergeant quelque peu du lot ; cela ne rend pas assez distinctes les compositions présentes. Quant à ses soli, ils relèvent de la même critique : très maîtrisés et variés, ils pèchent par quelque absence de thèmes marquants. A contrario C'est plutôt du côté des claviers que l'on trouvera une place plus grande laissée au mélodies.
À vrai dire, Outworld, souffre un peu du même syndrome que beaucoup de groupes de thrash moderne ou de metalcore : la qualité indéniable de la production – ici aussi impressionnante – a tendance à dissimuler l'absence d'idées très neuves en terme de composition. Les albums y perdent alors en relief. Gare au spectre de l'académisme !
Par ailleurs, il faut toute proportion garder : pour un premier essai, Outworld laisse augurer de capacités prodigieuses qu'il s'agit absolument de cultiver en soignant l'accroche des compositions, à la manière de ce qu'avait su faire Dream Theater à une certaine époque.
[8/10] Baptiste