17 juin 2006
Sinocence – Black Still Life Pose
Track List (68:03)
1. Requiem 2. Psycho 3. Beneath the Halo 4. Makin a Monster 5. Six Second Stare 6. Drown the Noise 7. Shedding Skin 8. Anything for the next Escape 9. Inside 10. Novacaine 11. Soultied 12. Scarred Human Vodoo Doll
Ils y sont parvenus, après quatre démos et à première vue une envie farouche d’émerger, les british de Sinocence sortent de leur propre chef leur premier album en collaboration avec Casket Music album qui se voit être la réédition des deux dernières démos auxquelles ont été ajoutés Requiem et Psycho.
Le quatuor nous propose un melting pot de metal dont l’essentiel tourne autour d’un mélange entre rythmiques lourdes et apports mélodiques pas toujours judicieux car peu intéressant d’autant que la durée de cet album semble n’en plus finir tellement les choses qui en ressortent sont plates et bien peu motivantes.
Ce rock/heavy/thrash multidimensionnel se noie dans un trop plein de tout, les riffs de Moro et Anto ont pourtant une bonne énergie mais dans leur désir de construire des titres non linéaires, ils tombent dans des parties prog sans réel intérêt.
Moro tient également le micro et sa voix sur les morceaux à tendance plus posée comme Beneath the halo ou Drown the noise assure un niveau mélodique non négligeable mais lorsqu’il doit prendre en charge des parties thrash, l’homme est à la peine et en vient à amoindrir l’énergie du titre notamment sur Requiem pour lequel son débit de paroles ne semble pas approprié. Quelques passages vocalement plus couillus auraient été bénéfiques pour renforcer un impact parfois bien trop restreint.
L’esprit de Black Still Life Pose semble pompé sur Corrosion of Conformity et en plus de cela l’impression d’un retour en arrière musical se fait trop présent même si les références que l’on pourrait citer comme Metallica ou Machine Head ont de quoi séduire. Le son un peu daté de la production n’aide en aucune façon à appréhender avec plaisir ces douze titres.
Certains moments tiennent pourtant leurs promesses mais ne viennent pas redresser suffisamment l’ensemble, on retiendra surtout le funky Psycho, le plus ou moins virulent Novocain et l’apothéose des huit minutes de Scarred human vodoo doll à la fois mélancolique grâce au piano mais aussi heavy dans sa partie centrale.
Sinocence est un groupe de potes vieillots qui fera tripper dans les concerts locaux mais qui n’a pas l’envergure de faire mieux même si ces messieurs savent jouer.
Clayman [4/10]
16 juin 2006
Carpathian Forest - Fuck you all !!!
Season of Mist / 2006
Tracklisting (xx:xx)
01.vi apner portent il helvete 02.the frostbitten woodlands of norway 03.start up the incinerator (here comes another useless fool) 04.submit to satan !!! 05.diabolism (the seed and the sower) 06.dypfryst / dette er mitt helvete 07.everyday I must suffer 08.the first cuti s the deepest 09.evil egocentrical existencialism 10.shut up, there is no excuse to live
Carpathian Forest, tout un monde de thrash, de punk, de black n’ roll gras et souillé ; mais surtout un poids lourd dans l’univers fermé du black metal qui démoule et qui débouche les orifices par là où ça fait mal. Un groupe qui a réussi au fil des années à ne pas tourner sur lui-même comme nombre de ses confrères et qui a toujours réussi à suivre sa ligne directrice crade et de peu de vertu tout en se réinventant, et en proposant à chaque album quelque chose de neuf et de plaisant à ses fans.
Il suffit d’un bref regard au divers titres pour remarquer que les norvégiens n’ont rien perdu de leur humour si noir et malsain, humour que l’on retrouvait également (la qualité en moins) sur les projets solo de leur frontman Nattefrost.
La musique est elle toujours aussi cradingue et peu recommandable. Avec d'aussi bons musiciens (Tchort pour ne citer que lui) la qualité est au rendez-vous et le groupe sait heureusement toujours aussi bien manier sa production sale et true pour la mêler à quelque chose de plus audible et de réellement efficace.
Les morceaux s’enchaînent comme autant de coups de poignard dans un cadavre et on s’étonne de ne pas être éclaboussé de sang à la fin de l’album tant la violence et la haine sont palpables au milieu de bons gros riffs rock n’ roll et black metal dont le groupe a le secret.
Contrairement à ce que le genre laisse supposer, les morceaux sont travaillés et une composition sérieuse se fait sentir derrière un voile de pur délire psychopathe.
Les réfractaires au style continueront évidemment de crier au meurtre, les autres la fermeront et se contenteront d’apprécier encore un bon album de black metal dans une année qui commence vraiment bien pour le style.
Carpathian Forest est de retour, et compte bien le faire remarquer. Le groupe nous a toujours habitué à des produits de qualité et ne va pas changer ses habitudes en si bon chemin ! Vivement le passage live !
Necrogunslinger [08/10]
14 juin 2006
Foreigner – Live In 05' [Replica Records – 2006]
1.
Head Games 2. Cold As Ice 3. Waiting For A Girl Like You 4. That Was
Yesterday 5. Blue Morning 6. Dirty White Boy 7. Starrider 8. Feels Like
The First Time 9. Urgent 10. Juke Box Hero/Whole Lotta Love 11. I Want
To Know What Love Is 12. Hot Blooded
C'est un Foreigner
transformé qui aborde le nouveau millénaire : le groupe structuré
depuis l'album « 4 » autour de Lou Gramm et Mick Jones s'est vu délesté
de son chanteur, laissant en son sein, comme seul membre originel, le
guitariste sexagénaire. Chacun sait que la voix pure mais chaleureuse
de Lou Gramm était constitutive du style du groupe multiplatine et l'on
pouvait nourrir toutes les appréhensions à l'annonce du maintien du
combo en activité, nolens volens. Et ce d'autant plus que Foreigner, depuis l'échec d'Inside Information, n'avait jamais réussi à retrouver sa superbe de jadis.
Que
pouvait proposer d'engageant Mick Jones dans un tel cas de figure ?
Tout d'abord un nouveau chanteur à la hauteur des exigences de l'heure.
Une écoute rapide de ce Live In 05' rassure
aussitôt : Kelly
Hansen, ancien vocaliste de Hurricane, rentre parfaitement dans son
rôle, reproduisant très fidèlement le timbre et les intonations de son
prédécesseur avec une aisance impressionnante. La remarque est d'autant
plus significative que Kelly
Hansen œuvre ici en live, reprenant des titres souvent fameux ; il eût
été plus rassurant d'intervenir sur un nouvel album studio, mais Mick
Jones semble après voulu rôder sa nouvelle équipe avant toute chose.
Cette
équipe comprend en outre la meilleure section rythmique qu'ait jamais
eu Foreigner : la basse et à la batterie, Jeff Pilson et Jason Bonham
donnent une dynamique exceptionnelle à des tubes prenant un relief
nouveau. C'est un « Urgent » survitâminé qui défile donc, parmi les
classiques que sont « Head Games », « Waiting For A Girl Like You » ou
« Feel Like The First Time ». Le groupe n'a, cependant, pas totalement
joué la carte de la facilité, intégrant quelque chansons des plus
intéressantes du groupe restées malheureusement marginales (« Blue
Morning », « Starrider »). Les chagrins déploreront l'impasse faite sur Inside Information
ou l'absence toujours fâcheuse de guitares saturées sur « I Want To
Know What Love Is » mais se consoleront avec la reprise, écourtée, du «
Whole Lotta Love » du Zeppelin plombé ; Kelly Hansen y brille toujours par sa fidélité classieuse au chant original.
Incontestablement supérieur au seul live officiel sorti à l'époque de Lou Gramm, ce Live in 05'
surprend par une fraîcheur et une énergie jamais étouffées par un
professionnalisme et une maîtrise évidents. Chacun aura loisir de
constater dans quelques semaines, à Paris, que le nouveau Foreigner se
révèle une machine musicale très percutante.
Baptiste
[9/10]
13 juin 2006
News : Sepultura sans Cavalera !!
La triste nouvelle est tombée aujourd'hui, le départ définitif d'Igor Cavalera est désormais officiel. Je vous laisse avec un message de ce grand batteur :
"I believe my mission in Sepultura has come to an end. I am very proud of everything we have done, but
I feel that the group's current formation no longer lives up to my
expectations as a musician and a person. Since my last European tour
with Sepultura, which took place in December 2004, I have sensed that my ideas were not compatible with those of the rest of the band.
After working
in a band for so many years, the relationship between me and the rest
of the group wore itself out and I feel that there is no longer a
compatibility of thoughts and ideas between us," he said. "I tried to
make this clear to the other guys and suggested that we take a break.
However, their priority was to continue playing despite my absence.
I
would really like to thank all of the fans that supported me and
continue supporting our music. I would also like to thank
everybody that worked to make Sepultura the band that it had become."
11 juin 2006
Beautiful Sin – The Unexpected
AFM Records - Underclass / 2006
Track List (46:05)
1. Lost 2. This Is Not The Original Dream 3. Take Me Home 4. I'm Real 5. The Spark Of Ignition 6. Closer To My Heart 7. Give Up Once For All 8. Brace For Impact 9. Pechvogel (Unlucky Fellow) 10. Metalwaves 11. The Beautiful Sin (Instrumental)
Tiens ! Un album promo dont les titres sont tous raccourcis de trente à quarante secondes, ça commence bien !
Tiens ! Beautiful Sin est en fait un nouveau groupe engendré par Uli Kusch (Masterplan, ex-Helloween) et en plus il est accompagné de musiciens certifiés top classe avec respectivement à la gratte et à la basse les deux Pagan’s Mind, Jørn Viggo Lofstad et Steinar Krokmo et aux claviers son compère "masterplanien", Axel Mackenrott.
Le bonhomme ne doute de rien il a même fait appel à une demoiselle pour tenir le poste de vocaliste, ça c’est un challenge c’est vrai que de nos jours les chanteuses dans le metal c’est une denrée rare par contre bon point, au moins elle ne pratique pas le lyrisme, elle a plutôt tendance à arpenter les terrains du hard rock bien comme il faut.
Tiens ! Ce premier morceau a des allures de recyclage avec sa partie instrumentale totalement copiée sur le The Departed d’Helloween mais le Kusch peut se le réapproprier puisque cette joyeuseté est la sienne par contre l’original est bien meilleure dans sa partie vocale. Le refrain a d’ailleurs un penchant à tout gâcher.
Tiens ! Ce premier album comporte des morceaux bien chiants et sans intérêt This Is Not The Original Dream ou Give Up Once For All par contre ceux ci sont contrebalancés par de purs moments de plaisir hard rock ou heavy Take Me Home, I'm Real ou encore Metalwaves.
Impressionnant ! On trouve également quelques trucs hors du commun (pour de vrai) comme le spécial Pechvogel (Unlucky Fellow) ainsi que des trucs vraiment hors des sentiers battus (pour de faux) comme une ballade bien fadasse, Closer To My Heart et un instrumental calme à souhait, orchestral avec beaucoup de claviers et une guitare acoustique pour clôturer The Unexpected avec ce semblant d’outro sans relief.
Ah tiens, la petite fille sur la pochette me fait un gros chuuuuttttttt !!!! Comme si j’en avais déjà trop dit, c’est vrai elle a raison, je finirais juste en disant que cet album alterne le morne et le bienfaisant et que l’on espérait bien mieux de musiciens aussi talentueux quoique je m’égare puisque les parties de grattes sont tout de même bien ficelées et trippantes à certains moments.
Clayman [5/10]
News : 11 Juin 2006
necrogunslinger@yahoo.fr
- Voici une bonne petite vidéo live que Poison ont enregistré durant l'émission de Jay Leno : "Nothin' But a Good Time".
- Préparez vous à retourner votre lecteur dvd cette semaine puisque le dvd des Hardcore Superstar arrive dans les bacs ! Voici la pochette et le tracklisting de ce "Live Zone", enregistré le 25 Mars au Sticky Fingers !
01. Kick on the Upperclass
02. We Don't Celebrate Sundays
03. Last Forever
04. She's Offbeat
05. Still I'm Glad
06. Hateful
07. Bag on your Head
08. Prime Mover
09. Someone Special
10. Blood on Me
11. Standin' on the Verge
12. Wild Boys
13. Liberation
14. My Good Reputation
- Korn nous dévoilent ici des extraits vidéos de leur show assez particulier donné au Download Festival. Jonathan Davis étant malade, le groupe n'a finalement joué qu'une demi heure avec l'aide des frontman de Devildriver, Slipknot, Trivium, 10 Years et Avenged Sevenfold !!
Noise Forest – Morbid Instincts
Armageddon Music - Underclass / 2006
Track List (44:38)
1. Cramp 2. Be At Peace 3. Past Redemption 4. Flag 5. Dead From The Neck Up 6. Morbid Instincts 7. Tragedy 8. Extortion Via Matrimony 9. Impact 10. Devil's Workshop 11. Maltreatment 12. Shame
Attention voilà une nouvelle sortie de Armageddon Music géré par les chantres du festival de Wacken et pour ma part jamais je n’ai été enthousiaste à l’évocation de ce label (hormis concernant le dernier Suidakra).
Noise Forest dont il est question ici nous viennent d’Allemagne, ils existent depuis quatorze ans, sortent leur second album qui nous parvient sept ans après un Mortal Machines dont personne n’a le souvenir.
Auront-ils la chance de percer au grand jour grâce à ces instincts morbides, rien n’est moins sûr tellement cet album semble anecdotique empêtré dans un "deathcore" fortement rehaussé de rythmiques tribales et d’un chant forcément assimilé à Max Cavalera sur un bon nombre de morceaux. Be at peace, Flag et d’autres encore viennent immanquablement nous évoquer Soulfly et Sepultura.
Noise Forest ne se limitent bien sûr pas à cela mais cette sensation de remake prend le dessus même si quelque titre comme Impact mettront en avant un penchant plus hardcore avec doublement des vocaux d’un côté rugueux typique, de l’autre un brin guttural.
Alors même si le quatuor espère nous faire avaler la pilule, il nous en faut plus pour succomber à tant d’opportunisme et par delà même il faut avouer que cet album et quelque peu linéaire et bien peu intéressant.
Clayman [4/10]
Spektr - The Near Death Experience
Tracklist (47:20) : 1.The Violent Stink Of Twitching Terror 2.Astral Descent 3.Climax 4.Phantom Reality 5.Visualization 6.Whatever The Case May Be 7.Disturbing Signal 8.Unio Mystica 9.His Mind Ravaged His Memory Shattered
Autant dire que si vous allez à un barbec chez des amis, ce n'est pas ce deuxième album du duo Spektr qui sera le plus adapté pour mettre l'ambiance. Ou alors, c'est le suicide collectif.
Spektr est présenté comme un groupe de black metal, apocalyptique et puisant un peu dans l'expérimentation indus. Mais Spektr est encore plus que celà. Spektr est une expérience à part entière. Difficile d'expliquer ce qui se passe quand on écoute Near Death Experience. Bruitages, samples, moments de calme, de quasi silence. Et puis il y a ces accélérations typiquement black metal qui vous sautent à la gorge. Vitesse, rugosité, voix criée incompréhensible. Oppressant. Comme si le groupe puisait dans toute la haine de la planète, et essayait de l'exposée dans sa nuditée la plus totale. Le son est dans la même optique. Très sale, industriel, comme une radio mal réglée, avec des interférences...On parle souvant de “bande son de l'apocalypse” pour définir un disque de metal, mais quand on écoute Spektr, on se rend compte qu'on avait encore rien vu. Pour tout dire, même Blut Aus Nord semble plus “ordonné” et sage !
En fait, il y a deux possibilités. Soit on n'arrive pas du tout à rentrer dans Near Death Experience (et c'est vite arrivé, essayer par exemple de l'écouter un dimanche matin au petit déjeuner) et on ne le réécoute jamais. Pourquoi s'infliger une telle souffrance? Soit on rentre dedans et on considère Spektr comme des génies.
Near Death Experience est une expérience unique, finalement cohérente et tout sauf ridicule. Ce n'est pas pour ça qu'elle est accessible (ni élitiste d'ailleurs).
Peut-être que le meilleur support pour l'inspiration de Spektr n'est pas l'audio, mais bien l'audiovisuel, comme en témoigne ce clip joint sur l'album, réalisé par le groupe et qui illustre parfaitement la souffrance qui a engendré et qu'engendre la musique de Spektr.
Yath [6/10]
Voivod - Mai 2006
Dans une période aussi particulière pour le groupe, ce fut un immense plaisir que de pouvoir discuter un moment avec le chanteur de Voivod : Denis "Snake" Belanger. Les souvenirs de Piggy restent évidemment dominants, mais c’est aussi un bon moyen de vous faire découvrir le nouvel album Katorz (voir chronique) ainsi que ce que le groupe nous réserve à l’avenir. Bonne lecture chers lecteurs, on pense à toi Piggy.
Metalchroniques - Je pense que tout ce qui s’est passé dans le milieu métal après la mort de Piggy vous a beaucoup émus, dans quel sens avez-vous été le plus touchés par tout cela ?
Denis "Snake" Belanger - Dans tous les sens possibles… Je pense que tous les témoignages qu’on a eu, que ce soit sur internet, à ces funérailles, ou encore tous les jours quand des gens nous abordent avec un air un peu gêné en disant « Piggy nous manque tu sais », prouvent que beaucoup de monde à travers le monde a été aussi touché que nous, et tout aussi dévasté… Ça nous prouve que le metal est une vraie petite communauté, très unie.
- J’espère que ça ne te gêne pas d’en parler ?
- Non, pas du tout… C’est sûr que parfois ça amène des trucs mais c’est encore la seule façon positive de voir la chose. Il faut en parler, continuer de faire des albums et promouvoir sa musique.
- Bon ben parlons des albums alors ! Je me demandais si les bandes qu’il vous a laissé étaient complètement finies, déjà mises sous forme de morceaux, ou est-ce que vous avez dû beaucoup travailler dessus ?
- Il avait pris le soin de tout enregistrer avec une belle qualité sonore, les sections rythmiques, les solos… On était agréablement surpris vu qu’on ne savait pas à quoi s’attendre et qu’on travaillait chacun dans notre coin. Il avait peut-être pressenti que quelque chose allait tourner mal…
- Vous avez pris ça comment ? Une sorte de testament ?
- Oui il a dû se dire que quelque chose n’allait pas et ça le travaillait de ne pas pouvoir tenir parole pour notre contrat. Il a quand même continué à travailler malgré tout…
- La découverte des compos a sûrement été un moment difficile, non ?
- Ben ça faisait déjà un an et demi qu’on travaillait là-dessus, ça nous a pris du temps et Jason était occupé sur d’autres projets alors on ne pouvait pas vraiment entrer en studio à ce moment-là. Et après Piggy est tombé malade et on ne pensait plus à autre chose qu’à lui et à l’espoir qu’on avait qu’il aille mieux… Quelque temps après sa mort, on s’est décidé à tout réécouter pour savoir où on en était et c’est là qu’on s’est rendu compte de son avancée, qu’il avait déjà fait tout ça : non seulement les douze chansons qui sont sur Katorz mais aussi treize autres titres qui restent encore à enregistrer.
- Et j’avais entendu que Piggy aurait bien aimé réenregistrer ses parties de façon plus pro. Comment avez-vous travaillé en studio entre les enregistrements plus récents et les siens ?
- Ben c’était compliqué pour la partie batterie parce que tout était un peu bordélique, on avait pas de repères. Michel a dû, contrairement à ce qui se fait d’habitude, enregistrer sa batterie en fonction des guitares ! Là c’était compliqué mais Jason a réussi à bien travailler sur les basses… Il écoutait non-stop les parties de guitares assis sur son ampli 10 watts à essayer des trucs. C’est tout ça qui fait que cet album est ce qu’il est…
- Et est-ce que vous avez dû beaucoup retravailler la structure ?
- Non, non ! On a gardé la structure fixée par Piggy.
- Je ne sais pas si c’est une impression, basée sur les évènements avec Piggy, mais j’ai trouvé l’album beaucoup plus sobre que d’habitude. Est-ce que ça a un rapport avec le moment où vous l’avez enregistré ?
- Je dirais que c’est un petit peu un hasard vu que tout est basé sur des jams. Tout s’est passé naturellement, c’est pas comme si on s’était assis autour d’une table en se disant « on va faire un album, il faut trouver des idées ». Tout s’est fait de façon un peu instinctive, chacun se laisse aller et on explore nos idées…
- Et les textes étaient écrits avant ?
- Oui pour les textes j’avais déjà des brouillons basés sur les démos et je n’avais plus qu’à tout retravailler en gardant les mêmes sujets.
- Tu n’a rien changé suite à ces évènements ?
- Non je ne voulais pas sombrer dans la mélancolie, je préférais rester concentré sur le côté jovial de Piggy.
- J’ai trouvé que votre dernier album, qui avait suivi ton retour dans le groupe, marquait comme un retour aux sources.
- Oui…
- Quel était votre but avec cet album, est-ce que vous vouliez continuer dans ce sens ?
- On voulait juste avoir du plaisir je pense… On revenait de tournée quand on a fait ces démos alors on était super énergiques et super créatifs, avec un bon feeling. On ne se prenait pas la tête avec ce genre de trucs, on s’amusait tout simplement. Il n’y avait pas de pression venant d’une maison de disque…
- Vous étiez dans les meilleures conditions possibles donc…
- Ouais exact ! Pas de pression, tu te sens bien…

- Par contre je trouve l’album très bien, mais vous avez eu des premiers retours venant d’internet qui n’ont pas été supers… Vous aviez mis un titre en ligne que je n’ai pas écouté pour garder la surprise de l’album, mais j’ai vu que les retours étaient très moyens.
- Tu sais l’internet et moi… Je ne prends pas ça comme une référence. Y en a qui ont leurs goûts et je respecte ça mais ceux qui critiquent juste pour critiquer, je m’en fous un peu…
- Et maintenant que vous avez des retours un peu plus complets sur l’album, vous en êtes satisfaits ?
- Ouais tout le monde à pu écouter l’ensemble ! Les gens disent n’importe quoi sur un simple morceau et je me suis déjà engueulé avec du monde sur Blabbermouth mais au final ça ne sert à rien…
- Oui trouver une critique normale sur Blabber, c’est un peu impossible…
- Ouais, certaines personnes donnent leur avis, mais la plupart se contentent de trucs fouillés comme « You suck, and this sucks and whatever… » .
- Et sur cette sobriété générale alors, tu en penses quoi ?
- Ben c’est pas mal ! On n’est plus comme avant quand on voulait briser les barrières musicales de complexité et d’exécution ! On a eu notre période vraiment exploratrice où on emmenait le monde dans l’espace (rires) mais les choses ont changées et notre but c’est pas de vendre absolument des albums, on est plus tout jeune en train de rêver de devenir des stars. On voit les choses autrement…
- Mais justement il y a quelques années quand Jason a débarqué dans le groupe, il avait amené une nouvelle motivation. Est-ce qu’elle est toujours présente malgré tout ce qui vous est arrivé ?
- Ben c’est sûr que là c’est triste mais je pense qu’elle est toujours là. On s’approprie tous ces bons moments…
- On va prendre un peu d’avance, parce que j’ai vu que tu parlais déjà récemment du nouvel album alors je vais me mettre à ta vitesse pour en parler un peu avec toi ! Vous allez toujours travailler avec le matos de Piggy ?
- Oui ! C’est toujours les enregistrements de Piggy qui seront là…
- Et il n’y aura que ça où est-ce que vous allez aussi utiliser de nouvelles choses ?
- Ben ce qu’on a là est déjà pas mal, donc on aimerait ça de pouvoir entrer en studio avec Jason, ce serait fun.
- Pour ça faut qu’il est terminé son autre projet de supergroup…
- Ouais c’est un peu une question de booking, mais je pense que l’année prochaine, environ à la même période, on pourra se trouver un moment.
- Vous n’avez même pas encore sorti un album et tu parles déjà avec intérêt du prochain. Ça se voit que tu as envie de le faire... Tu veux travailler pour te changer les idées ou ça n’a rien à voir ?
- Ben c’est sûr que là sans tournées va falloir s’occuper. Michel travaille avec Aut’ Chose, le groupe culte québecois ; moi j’ai juste commencé un projet avec un autre ami, on est que deux mais on fait beaucoup à partir de pas grand-chose… Avec Voivod on va sortir un dvd sur lequel y aura un documentaire sur la vie de Piggy et le making-of de Katorz, donc ça va on s’occupe…
- Et pour ce nouvel album, vous voulez travailler avec les bandes de Piggy parce qu’elles sont vraiment très bonnes ou simplement pour lui rendre hommage ?
- Ben les deux ! Je pense qu’on veut lui faire un peu un tribute. C’est vrai qu’on pourrait trouver quelqu’un pour le live mais j’aimerais continuer de trouver du matériel pour en avoir toujours à utiliser. Mais là on a de quoi faire encore plusieurs albums et j’aime ça que ce soit la musique de Piggy. L’esprit Voivod serait toujours là et personne pourrait dire que Piggy ne nous influence plus.
- Et pour le live justement vous voulez tourner pour cet album ou pas ?
- Non je ne pense pas. Les choses sont encore trop dures.
- Et plus tard vous ferez comment ? Des bandes ?
- Ben on a déjà eu des offres de plusieurs guitaristes, qu’on est en train de considérer puisque c’est des gens qui ont connu Piggy et tourné avec lui. Mais c’est le temps qui nous dira ça, parce qu’on n’est pas vraiment prêt là… C’est pas évident de voir un autre gars sur le main stage à sa place, mais la vie continue et on ne peut pas vivre comme ça éternellement.
- Vous allez simplement prendre votre temps…
- Oui parce que plus on en parle et mieux ça va. Le fait d’en parler ça aide à poser les choses.
- Et à part ce nouvel album dans lequel vous vous lancez de façon enthousiaste, vous prévoyez quoi pour l’avenir comme projets ?
- Je veux laisser le temps parce que les choses vont trop vite. J’aime pas faire des prévisions parce que les choses ne se passent pas comme prévu. On voit ça au jour le jour, mais on y pense pas trop à l’avance parce que si ça se trouve demain on sera plus là, alors voir trop loin ça sert pas à grand chose. On va essayer de faire le mieux possible comme toujours. Au début par exemple, on utilisait un ampli guitare pour la basse parce qu’on n’avait pas assez d’argent pour acheter autre chose, et c’était pas mal ! Il faut savoir dealer avec la situation… Parce que c’est ce qui fait notre force…
- Vous avez beaucoup appris de ce qui est arrivé…
- Ouais c’est ça, il faut savoir capter le moment présent et en tirer le meilleur !
- Bon ben sur cette belle phrase, on va conclure, et comme d’habitude je vais te laisser le dernier mot, surtout que là tu dois avoir beaucoup de choses à dire !
- Ouais ben, tout est là pour dire à nos amis de la communauté metal que notre ami Piggy il est peut-être plus là au point de vue physique mais il est quand même là sur cet album, alors écoutez le et nous on va faire en sorte qu’il soit mis à la bonne hauteur. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à découvrir sur cet album, rien que par rapport à l’artiste qu’était Piggy, pis vous n’en verrez pas deux comme lui !
Deacon Street – II
MTM - Underclass / 2006
Tracklist (xx:xx):
1. Beautiful Chardaine 2. Leann 3. When Love Is On The Line 4. Save Me 5. I Give This Promise 6. Now We Cry For You 7. Seconds Coming 8. (Kill Us) On Another Day 9. The Promise Of Forever 10. Misery 11. Action 12. Easy At Is Seems 13. Them Changes 14. Jason
Entre deux voyages à Los Angeles, le fils prodige de l'AOR, Tommy Denander poursuit ses enregistrements incessants, le plus souvent à distance, multipliant ainsi les collaborations et les collaborateurs. Il semble d'ailleurs que ce Deacon Street soit le dernier disque de cette facture puisque l'homme annonce vouloir maintenant se recentrer sur un nombre de projets plus restreints. On imagine qu'il collaborera toujours encore avec son vieux partenaire de travail, Chris Demming, tant les deux hommes sont liés. Ici encore, l'association entre les deux amis fonctionne bien, au profit d'une AOR légère et vivante, comme Denander les affectionne tant.
La multitude des chanteurs et des guitaristes (Stan Bush, Geir Ronning ou Andreas Nowak pour les premiers et Red Beach ou Jeff Watson pour les seconds), ne dépouillent pas ce disque d'une vraie direction et d'une cohésion qui permet de sentir à sa place chaque morceau, de la ballade légère et sucrée « I Give You This Promise » au plus énergique « Mystery ». Chaque partie de guitare et chaque intervention vocale est agencée avec un savoir faire incontestable. Seule la fin de disque se détache un peu du reste, plutôt en bien d'ailleurs, avec une bonne reprise, bien qu'un peu prévisible, de Sweet, « Action », et deux instrumentaux virtuoses mais plaisants.
Cependant cette cohérence va de pair avec une certaine impression de déjà-entendu, impresseion qu'explique l'abondance des réalisations de Denander. Le style plaît mais lasse. Et comme ces morceaux sont en fait des chutes non exploitées de disques antérieurs, on touve une autre explication à cette fadeur un peu feutrée qui fait que l'on ne classera pas ce Deacon Street parmi les meilleurs réalisations du guitariste et producteur.
Baptiste
[7/10]
