04 février 2007
Vitalij Kuprij -Glacial Inferno (avec cd bonus : Revenge)
Lion Music/2007
track list Glacial Inferno (51:04) : 1.Symphonic Force 2. Liquid Rain 3.Fire In The Sun 4.Divided Horizon 5.Glacial Inferno 6. Dancing Flame 7.Forgive 8. Dying To Live 9. Burning Ice 10.Theme By Albinoni (Bonus Europe)
track list Revenge (57:20) 1. Burning My Soul 2. I Don't Believe In Love 3.Into The Void 4. Revenge 5. Just Another Day 6. J. Haydn-Excerpt From Sonata In E Minor 7. Classic War 8. Emperor's Will 9. Follow Your Heart 10.Stand Up And Fight 11 .Let The Future Unfold
Confiné désormais à une carrière confidentielle, l'ukrainien virtuose ne suscite même plus admiration ou moquerie. C'est pourtant un cas, à l'image de Malmsteen, assurément son frère d'obsession baroque. Kuprij, depuis dix ans, alterne projets instrumentaux et groupes, avec toujours les mêmes inspirations : Bach, Vivaldi et Rainbow...
Pour autant, son travail instrumental n'est pas figé dans les partitions du XVIIIème siècle. S'il recherche avant tout vitesse et effets tape-à-l'oeil, son nouvel opus s'aventure très loin dans l'injection de baroque pur dans le hard rock. Il utilise quasiment plus que des sons de pur piano, dans un contexte de hard instrumental qui n'a pas beaucoup changé, privilégiant la double grosse caisse et les lignes de basse ultra-rapides. Sa virtuosité est encore plus démonstrative, ce qui permet d'éviter toute tentative de comparaison avec les ténors du moment comme Jordan Rudess de Dream Theater ou Tony Macalpine, spécialiste du prélude de Chopin en milieu d'album de shred.
Kuprij peut se targuer en effet d'une double carrière de pianiste classique et prévoit d'ailleurs de monter sur scène avec le philarmonique d'Ukraine. Bardé de prix en tous genres, il a déjà sorti des récitals de piano, mais malheureusement pas sur des labels classiques de référence, ce qui en fait avant tout une curiosité, et sûrement pas un musicien respecté dans le milieu de la musique classique.
Le gros plus de ce Glacial inferno, c'est son plateau d'accompagnateurs : Michael Harris à la guitare, Tony Macaluso à la batterie et Randy Coven à la basse, soit trois des tous meilleurs dans leur catégorie, remarqués dernièrement sur des projets aussi brillants que le deuxième album d'ARK ou le project MCM (Coven, Macaluso et Alex Masi). Dès qu'il sort des compos trop prévisibles, Vitalij Kuprij offre de vrais moments de musique, comme dans Dancing Flame, et peut compter sur sa rythmique pour emballer la moindre étincelle.
On peut dire la même chose de son projet Revenge, réalisé avec la même équipe, qui propose comme d'habitude (cf Artension et Ring of Fire) du hard à la Rainbow. Epaulé par une armada de chanteurs à l'aise dans les aigus, il parvient-cerise sur le gâteau-à glisser un instrumental extraordinaire, Classic War, qui mêle plusieurs écoles, avec comme souvent chez le pianiste, des clins d'oeil à la musique contemporaine.
Ce package parfaitement comestible, qui fera de toute façons glousser les détracteurs habituels, et qui ne séduira toujours pas les progueux de par son manque d'audace rythmique, donne un bon aperçu des talents de Kuprij. Même avec une production cheap au possible qui manque totalement de relief et qui sonne comme un simple mixage.
Le claviériste risque aussi une volée de bois vert dans les doigts de la part d'une partie de la presse. Pas forcément un ma, histoire de le pousser à quitter ses rails néo-classiques et ses chemises bouffantes.
[7,5/10] David Taugis
http://www.vitalijkuprij.com/rock/index.html
Nostradameus - Pathway
AFM - Underclass / 2007
Tracklist (44:03) :
01.Welcome to Living 02.Wall of Anger 03.Until the End 04.Demon Voices 05.MDCC A.D. Pt. 1 06.MDCC A.D. Pt. 2 07.P.I.R. 08.No Trace of Madness 09.Not Only Women Bleed 10.Death By My Side 11.The Untouchables
Pour son quatrième album « Hellbound » (2004) Nostradameus avait copieusement musclé son jeu, délaissant quelque peu le Heavy Melodic de ses débuts pour verser dans un registre plus Power. Si les Suédois cherchaient leur voie, il pouvait s’estimer l’avoir trouvée tant le résultat été réussi.
« Pathway » matérialise un nouveau changement de direction du groupe, ce dernier adoptant désormais une côté Prog très affirmé. Exit la vitesse et la recherche d’énergie maximum, place désormais à des compositions plus complexes. Seulement voila ce virage conduit dans le terrain de chasse de nombreuses formations extrêmement talentueuses et surtout parfaitement établies.
Les titres qui composent ce « Pathway » sont d’un bon niveau et pris individuellement, cet album s’attirerait certainement les faveurs, mais voila Nostradameus avait placé la barre assez haut avec son précédent album, et là pour le coup, en dépit des efforts de son très bon chanteur Freddy Persson on reste sur sa faim et on ne peut manquer d’afficher sa déception.
Vous rechercher un disque de Prog énergique bien composé et surtout bien interprété, « Pathway » est fait pour vous. Si vous attendez un « Hellbound » bis, passez votre chemin ou vous risquez de vous faire larguer en route par cette avalanche de plans travaillés.
Site offciel : http://www.nostradameus.com/
[06,5/10] Murder-One
Harem Scarem – Human Nature [Vespa Music – 2007]
1. Human Nature 2. Next Time Around 3. Caught Up In Your World 4. Reality 5. Hanging On 6. Don't Throw It Away 7. Give Love/Get Love 8. 21 9. Starlight 10. Going Under 11. Tomorrow May Be Gone
Si Harem Scarem a quitté Frontiers – un label à la croissance toujours plus extensive qu'intensive et et sans doute incapable de faire progresser l'audience du groupe –, il ne semble pas pour autant que le groupe soit sur le point d'entamer une réelle remise en cause. Le style du Harem Scarem deuxième période, esquissé dès Voice Of Reason et bien établi depuis au moins Higher, ne varie plus et exclut maintenant toute influence FM : nous sommes en plein dans un rock hard moderne très actuel.
Ainsi seuls les soli toujours aussi agréables de Pete Lesperance dessinent une quelconque continuité avec les premiers disques. Le chant de Harry Less est maintenant confiné aux tessitures medium et a perdu beaucoup de ses nuances. Même s'il sait faire preuve d'une emphase bienvenue (la ballade « Hanging On ») et reste accrocheur, surtout sur les premiers titres que sont « Human Nature » ou le très entraînant, « Next Time Around », sa prestation me semble un peu terne par rapport à ce à quoi il nous avait habitué jadis ; soutenus par des chœurs bien disposés il retrouve cependant parfois un peu d'allant (« Give Love/Get Love ») voire trouve la mélodie juste sur un très efficace « Starlight ». Cette succession de bons titres sauve le disque de la banalité et le rend in fine recommandable.
En fait, si le groupe conserve, voire déploie une cohérence manifeste pour cette nouvelle réalisation, il me semble que cette dernière s'exprime de plus en plus au détriment d'une créativité jadis bien réelle. La musique reste plaisante et attire l'attention mais elle paraîtra trop facile et attendue à beaucoup.
Baptiste
[7,5/10]
Destruction - Thrash Anthems
AFM - Underclass / 2007
Tracklist (72:12) :
01.Bestial Invasion 02.Profanity 03.Release from Agony 04.Mad Butcher 05.Reject Emotions 06.Death Trap 07.Cracked Brain 08.Life Without Sense 09.Total Desaster 10.Deposition (Your Heads Will Roll) 11.Invincible Force 12.Sign of Fear 13.Tormentor 14.Unconscious Ruins 15.Curse the Gods
Le Thrash germanique ayant depuis quelques années à nouveau le vent en poupe, Destruction bat le fer pendant qu’il est chaud et nous balance à la face ses hymnes à ce style, qui sont en fait treize classiques du groupe réenregistrés et deux inédits.
Là ou certains groupes se contentent de remasteriser leurs anciens disques, Destruction choisit de repartir de zéro et de tout réenregistrer. Il faut dire que ces morceaux, qui sont pour leur immense majorité des pièces maîtresses du groupe, avaient bien besoin d’un coup de jeune, tant leur production de l’époque sonnait désuète.
Quand en ouverture de cette chronique j’utilisais l’expression « balancer à la face » ça n’était pas de simples mots ! En effet bien que les compositions d’origine soient intégralement respectées (lignes de chant, rythmiques, soli, etc…), quelle cure de jouvence ! Pour vous résumer parfaitement la situation : sur « Thrash Anthems » la bande à Schmier sonne exactement comme en live, d’où un gain de puissance considérable par rapport à ce que donnaient ces titres il y a une vingtaine d’année.
Le groupe apparait très compact, chaque instrument (y compris le chant) étant bien servi par une production moderne où aucun déséquilibre n’est à relever. Alors c’est sûr en rythmique la guitare et moins présente que sur les enregistrements d’époque, mais avec « Thrash Anthems » la batterie retrouve la place qui est la sienne au sein de Destruction. Et que dire du chant et de la basse ? C’est simple tout semble énorme et permettra enfin de démontrer aux sceptiques ce qui a permis au groupe de s’imposer en tant que pilier du genre.
Les inédits sont fidèles à ce que propose Destruction ces dernières années, c'est-à-dire du Thrash Allemand teinté de Heavy Lourd. C’est particulièrement valable pour « Profanity » alors que « Deposition (Your Heads Will Roll) » se veut plus ambitieux avec au début une ambiance plus glauque dans l’esprit des compositions les plus sombres que l’on trouvait sur « Inventor Of Evil » (2005).
Alors c’est sûr, certains puristes viendront préférer les versions originales, mais franchement qui pourrait se plaindre d’entendre enfin ces titres sonner dignement et surtout devenir conforme à ce que le groupe propose en live ?
Site officiel : http://www.destruction.de/
Myspace officiel : http://www.myspace.com/officialdestruction
[09/10] Murder-One
Twisted Tower Dire - Netherworlds
Remedy Records - Underclass / 2007
Tracklist (45:45)
01.Starshine 02.Dire Wolf 03.Fortress 04.Killing Kind 05.Netherworlds 06.Casuality Of Cruel Times 07.Tales Of Submission 08.No One Left To Blame 09.Firebird
Ce quatrième album des américains de Twisted Tower Dire est annoncé depuis des lustres (trois ans pour être exact) et sans cesse repoussé pour d’obscures raisons. Toujours est-il que « Netherworlds » voit enfin le jour quatre années après le très bon « Crest Of The martyrs ». Souvent une trop longue attente est finalement synonyme de déception… action !
Au niveau son, Twisted Tower Dire reprend exactement là ou il nous avait laissé, point de nouveauté de ce côté, avec toujours un son aux saturations particulières et surtout une basse sous mixée. Les deux guitaristes distillent des riffs très Heavy sans grande originalité, et les compos dans l’ensemble sont moins directes et n’accrochent plus immédiatement l’auditeur.
La véritable nouveauté vient du remplacement au poste de chanteur de Tony Taylor par Johnny Aune (viper), et là on ne peut pas dire que le groupe ait fait une affaire ! Là ou Tony Taylor arrachait tout par sa puissance, son successeur nous assène un chant très aigu qui devient vite pénible. Il faut quand même préciser que la production assez brute n’aide pas non plus à faire passer la pilule, mais l’on est bien loin de l’enthousiasme généré par « Crest Of The martyrs ».
Twisted Tower Dire peinait à émerger, là c’est retour direct à la case anonymat, des rythmiques qui avoinent et quelques bons soli ne faisant pas un album qui tient la route.
Site officiel : http://www.twisted-tower-dire.com/
[05/10] Murder-One