Metalchroniques

Blog du webzine Metalchroniques consacré à toute l'actualité du metal

30 novembre 2005

Valp - Lock

Valp se présente comme une artiste assez complète dans le monde du neuvième art, cumulant les rôles de scénariste, dessinatrice et coloriste. Louable exercice pour la jeune suisse mais le rythme de sortie des albums s'en ressent : septembre 2001 pour le premier ("Népharius"), novembre 2002 pour "Mécanique Céleste" et juin 2004 pour "Le Prix du Passé" (la série est prévue en 5 tomes)...  Longue attente à peine comblée par la sortie en novembre 2004 du "Monde de Lock", ouvrage faisant découvrir de façon plus exhaustive Lock à travers ses villes, sa faune et sa flore. Mais la magie de Lock est bel et bien là avec son graphisme superbe (proche du dessin animé) et sa coloration si particulière. Pas étonnant alors que le premier volume ait été épuisé pratiquement dès sa parution.

Qu'est ce que Lock ? Cette question est précisément celle au cœur de l'intrigue : comment ces hommes et ces femmes qui ont peu en commun se sont-ils retrouvés prisonniers dans ce monde sans ciel contrôlé par quatre énigmatiques despotes dotés de pouvoirs extraordinaires : Alkalin (Maître de la Morticité), Celestia Mecanik (Maîtresse de la Mécanique, chargée de réparer et entretenir l'ensemble des machines disséminées à travers Lock), Lux Oxa (Maîtresse de l'Energie, chargée de la création de la faune et de la flore) et le très antipathique Albertius Janus (Maître des Portes – pas étonnant pour quelqu'un qui porte le nom du gardien des portes dans la mythologie romaine). Nos héros, Kymon, Noé et Eve, la seule à pouvoir déchiffrer les étranges écrits de Lock, se battent pour rejoindre la Terre.

L'auteure gagne en maîtrise au fil de son récit sur les plans narratif et graphique, les erreurs de proportion se faisant de plus en plus rare. Les révélations sont savamment parsemées dans le récit, suffisamment pour satisfaire l'appétit du lecteur mais pas assez pour déchirer le voile de mystère entourant Lock. Alors que ceux que de longs mois d'attente ne rebutent pas n'hésitent pas à acquérir ces petits trésors.

Site internet

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28 septembre 2005

Le Combat Ordinaire - Manu Larcenet

Les amateurs de Fluide Glacial ne peuvent que connaître Larcenet. Il oeuvrait alors sur un ton léger, à des récits mignons tout plein mais là il faut dire qu'il y a comme un tournant dans l'air. Et cela pour notre plus grand bonheur (déjà que c'était de la balle avant…).

"Le combat Ordinaire"… on peut dire que la chose porte bien son nom. Ici point de place pour les super-héros, le crime ou que sais-je encore. Pour ceux qui objecteraient alors que tout cela ne semble guère intéressant, je dirais que des millions de gens se passionnent pour la télé réalité et que là, c'est fait de façon plus intelligente et captivante. Marco est photographe, son psy qualifierait de "névrosé" et il habite à la campagne seul avec son chat Adolf (parce qu'il est très méchant le matou). Et puis il rencontre le vieux Mesribes, ancien para en Algérie, et Emilie, charmante vétérinaire et l'aventure humaine commence.

 

La trame narrative est donc initiatique et l'on se demande à quel point l'auteur ne se met pas lui même en scène (tiens tiens, il y a un Chazay dans la cambrousse lyonnaise – la biographie de Larcenet chez Dargaud nous confirme qu'il habite bien la région –, les distances correspondent, le bouc du personnage aussi).

 

Ce récit est empli d'une philosophie à laquelle nous avons tous été confronté en nous posant un minimum de questions sur le pourquoi de nos agissements : la peur de l'engagement avec l'être aimé, le rejet de ceux qui ne sont pas conformes à l'idée qu'on s'en faisait, la confrontation avec la stupidité des autres, la mort d'un proche dans des circonstances dramatiques, etc. Les phrases choc ne manquent donc pas mais sans sombrer dans le cliché (muahahahha le jeu de mot pour une BD dont le héros est photographe… OK, je sors) ni dans le ton moralisateur. La gravité de l'intrigue laisse pourtant sa place à l'humour pour former un ensemble touchant. Plusieurs niveaux de lectures sont alors possibles, de la simple histoire agréable à lire en lézardant au soleil, à l'introspection où le lecteur enrichira sa perception du récit par ses propres expériences.

C'est une œuvre toute en finesse que nous propose donc Larcenet à mettre dans les mains de ceux qui pensent que les BD sont uniquement pour les gamins. Alors Manu Larcenet, le dernier des humanistes ? On s'en fout, c'est tout simplement un grand monsieur, chapeau bas.

Dargaud - 2003

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Posté par Wally à 22:32 - Bandes Dessinées - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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