11 février 2008
Winds Of Plague
Interview mise en ligne hier : Winds Of Plague
05 février 2008
Dernières interviews en ligne
29 janvier 2007
The ARRS - Janvier 2007
Ce jeune groupe parisien a fait un max de bruit avec une première démo bien sonnée et un premier album imposant leur musique sur la scène française. Remontés à bloc, ils défendent maintenant un second album dont leur chanteur Nico nous a un peu parlé.

Metalchroniques – Il s’est passé beaucoup de choses pour vous depuis votre premier album, tu peux m’en parler ?
- Carrément ! Sinon je voulais te parler d’un autre
sujet… Vu que vous êtes plus ou moins proches de la scène metalcore, je me
demandais ce que tu penses des problèmes que rencontrent les groupes français
pour s’imposer.
- C’est clair que la scène française est bien bloquée à ce niveau ! Plein
de bons groupes n’arrivent pas à percer et c’est vraiment dommage. Il est en
plus dur de trouver des concerts vu que les gros groupes rock refusent de
s’afficher avec des groupes de metal. Mais si nous arrivons à remporter du
succès nous ferons tout pour changer la donne, et nous nous emploierons à
mettre cette scène en avant !
09 janvier 2007
Interview de Wastefall (décembre 2006)
Wastefall ne perd pas de temps. Même si les membres du groupe ont une moyenne d'âge de 24 ans tout juste, les grecques en sont déjà à leur troisième album. Self Exile est d'ailleurs le premier distribué en France. Ce n'est pas trop tôt ! Même si l'influence de Pain Of Salvation est encore sensible sur cet album, Alex Katsiyannis (guitare) n'en reste pas moins fier. Qui, de toute manière, n'est influencé par personne? Et pourquoi se priver de l'écoute d'un album aussi touchant et puissant que Self Exile?
Metalchroniques
: Peu de gens conaisent Wastefall en France, et Self Exile est tout
de même votre troisième album, peux-tu rapidement
présenté le groupe?
Alex
: J'ai formé Wastefall avec Domenik (chant). On jouait dans un
groupe qui s'appelait Dead Man's Tail. On a quitté ce groupe
pour faire quelque chose de plus personnel. On a rapidement composé
quelques chansons, et on a recruté des musiciens. Et en juin
2003, on a sorti notre premier album, « Falling Stars and
Rising Scars » (sur Sleazy Rides Recs, NDLR), avec
quelques concerts à la clé. Et comme on n'arrête
jamais de composer, l'année suivante, on a sorti notre second
album, Soulrain (même label) et on a eu de très bons
retours. Ce qui nous a permis de tourner en première partie de
Pain Of Salvation et même de faire la première partie de
Black Sabbath sur un festival en Grèce. Et c'est à ce
moment-là que le line-up actuel du groupe s'est dessiné,
avec moi-même et Domenik, Christos aux claviers, Nick à
la basse et Kostis derrière les fûts. Et on a recommencé
à composer pour notre album Self Exile. On a signé avec
Replica pour l'Europe, Sensory pour les Etats-Unis. L'album a été
mixé par Tommy Hansen. Pour l'instant on n'a que de bons
retours pour l'album, donc on peut dire que tout se passe très
bien ! C'est notre premier album à être distribué
en dehors de la Grèce, c'est pour ça que tu n'avais pas
encore entendu parlé de nous !
Metalchroniques
: Tout semble être allé très vite pour Wastefall.
Est-il facile en Grèce de monter un groupe, d'enregistrer et
de sortir des albums?
Alex
: Non, pas tellement. Il y a beaucoup de talents, et beacoup de fans,
mais il manque tout le côté management, labels,
organisation etc...C'est assez dur en fait, de former un groupe
sérieux. On s'est débrouillé seul et on a bossé
dur. C'est aussi parce qu'on croit beaucoup en nous. Bon, internet
nous a aussi aidé. Ça n'était pas moins
difficile...
Metalchroniques
: Quand vous avez formé Wastefall, aviez-vous une idée
précise du metal que vous vouliez pratiquez? Le metal prog
très complexe de Wastefall était-il en quelque sorte un
but dès la formation du groupe?
Alex
: Pas vraiment. On voulait juste faire du metal ! Quand on a composé,
ce type de metal est sorti tout seul. On aime plein de groupes
différents, sans avoir d'ordre de préférence
précis. On n'aime pas trop les barrières, donc on a
tout mélangé, ce qui nous vaut l'étiquette
prog-metal, qui me convient tout à fait.
Metalchroniques
: Sur Self Exile, il y a beaucoup d'élements originaux, chants
féminins, violons et autres instruments, comment
organisez-vous tout cela? Ce sont des arrangements qui naissent
pendant les répèts ou est-ce un membre spécifique
qui s'en charge à la fin, en studio?
Alex
: Domenik et moi-même composons la base et la structure des
chansons, ensuite, on refile ça aux autres membres du groupe
et ils y ajoutent ce qu'ils veulent. Pour ce qui est du chant, il
faut savoir que c'est la dernière étape de la
composition. On crée les mélodies vocales avec Domenik
et les chants féminins, c'est Domenik seul qui s'en charge. Il
s'y connait en orchestrations car il a étudié la
musique classique, on le laise donc se charger de cet aspect.
Metalchroniques
: En parlant de vocaux, y a-t-il un concept derrière les
paroles de Self Exile?
Alex
: Non. C'est notre premier album sans concept. Mais les chansons ont
tout de même un sujet commun. Ça parle de découverte
de soi, c'est donc un sujet assez profond et ésotérique.
Ça parle de relations, ça renvoie à des concepts
philosophiques (Kant, Hegel). D'autres chansons comme « Dance
Of Descent » qui parle d'anciens rituels grecques. C'est
donc finalement assez varié de ce point de vue là.
Metalchroniques
: Où se situe la progression de Self Exile par rapport à
Soulrain, votre précédent opus, qui a lui aussi été
bien reçu? Au moins par ceux qui ont pu se le procurer...
Alex
(rires) : C'est tout à fait ça! C'est juste une
progression naturelle. On a essayé de ne pas ressortir le même
album. On s'est appliqué à composer de bonnes chansons
avant tout et on a l'impression qu'on a gagné en maturation.
On fait de la musique tous les jours et naturellement, on progresse.
Metalchroniques
: A chaque fois qu'un nouveau groupe débarque, il est
facilement catalogué. Et quand on pense aux influences de
Wastefall, on ne peut s'empêcher de penser à Pain Of
Salvation. C'est certainement dû au chant et à la
manière d'utiliser la guitare acoustique...
Alex
: Ecoute, Pain Of Salvation est un de nos groupes favoris, c'est
clair, c'est une influence, avec d'autres groupes. Le truc c'est que
Domenik a une voix qui ressemble à celle de D.Gindelöw
(Pain Of Salvation) tout en étant plus puissante et rauque. On
se démarque aussi de Pain Of Salvation en incluant des riffs
plus heavy et puissants, inspirés du power metal. Mais c'est
sûr, on est influencé par des groupes qu'on admire et ça
se ressent dans notre musique. Il n'y a pas que Pain Of Salvation,
mais peu à peu on se crée notre univers et cette
influence va se ressentir de moins en moins.
Metalchroniques
: Justement, il n'y a pas que Pain Of Salvation, dans vos passages
heavy : on pense aussi à Nevermore et Evergrey ! Et votre
chanteur est assez incroyable parce que même s'il rappelle
D.Gindelöw, quand il part dans des cris puissants, on pense à
Geoff Tate (Queensrÿche) et à Tom Englund (Evergrey) !
Alex
: Ouais, c'est vrai, il est assez incroyable. C'est un miracle qu'on
ait trouvé un chanteur pareil en Grèce, car comme tu
l'entends, j'ai une voix très grave et assez nase, comme la
plupart des grecques (rires) ! C'est une très grande force
pour un groupe de metal d'avoir un si bon chanteur.
Metalchroniques
: En live, les groupes de prog sont souvent obligés de faire
un choix. Tout miser sur les chansons puissantes, ou s'appliquer à
reproduire leur musique complexe d'une manière très
fidèle.
Alex
: On essaye de répéter un maximum, afin de créer
une alchimie entre nous. Quand on joue live, on ne se concentre pas
que sur la puissance, on fait un peu ce qu'on attend d'un groupe de
prog, c'est-à-dire transcrire des atmosphères
variées...On essaye d'être agressifs par moment et de
jouer aussi quelques ballades.
Metalchroniques
: Les groupes de prog ont souvent des rêves un peu fous, du
genre jouer avec un orchestre ou enregistrer un triple album concept.
Quel est le rêve le plus fou de Wastefall?
Alex
: Le plus fou ? C'est de vivre de notre musique ! On ne veut pas être
des rock stars, on veut juste avoir la possibilité de nous
concentrer exclusivement sur notre groupe ! On est obligé de
travailler à côté et on aimerait tellement
pouvoir consacrer plus de temps à la musique !
Metalchroniques
: Sur un plan plus « actuel » quel va être
l'actualité de Wastefall?
Alex
: On essaye de tourner, notamment en France ! Je ne peux rien
dévoiler pour le moment, mais on semble avoir quelques
possibilités. On va aussi essayer de tourner en Grèce
et comme d'hab, on compose !
Metalchroniques
: Avec qui aimeriez-vous tourner justement ?
Alex
: On a tourné avec Pain Of Salvation, et on aimerait bien
renouveller l'expérience! On a adoré la première
tournée et leur public aimera certainement notre musique !
Nevermore aussi, on adore ce groupe ! On pense aussi bien passer en
première partie de ce groupe...
Metalchroniques
: Bon, si tu devais convaincre les fans français que Self
Exile est l'album qu'il leur faut, que leur dirais-tu?
Alex
: Self Exile est un album qui leur apprendra beaucoup sur eux-même,
c'est une expérience ésotérique. Je pense même
que les français comprennent bien Wastefall puisque le
feedback français est excellent, que ce soit la presse écrite
ou les webzines ! Sinon, on aimerait tellement donner quelques
concerts en France puisque les fans sont très réceptifs
et on pourra passer un super moment !
Metalchroniques
: Le public français apprécie généralement
le metal progressif et compliqué, c'est peut-être ça
qui fait qu'ils adorent Wastefall !
Alex
: Ouais, les grecs et les français ont finalement beaucoup de
points communs ! Ne serait-ce que sur le point historique, on a
toujours aimé la philosophie !
Metalchroniques
: Merci bien Alex pour cette interview !
Alex:
Merci à toi !
Merci à Alex et à Roger !
Jesu - Janvier 2007
Ce deuxième album fait figure de grand tournant pour Justin Broadrick et son nouveau projet. Après la séparation de Godflesh, le guitariste a l’air plus que jamais déterminé à laisser à travers Jesu libre cours à ses idées. Il répond donc à nos quelques questions et nous explique sa démarche.
Metalchroniques – Peux-tu peut-être commencer par présenter le groupe aux lecteurs qui ne le connaissent pas encore ?
Justin Broadrick – Sans problème. Le groupe s’appelle Jesu et Conqueror est son second album. J’y joue de la guitare avec l’aide Ted Parsons à la batterie et Dermott Dalton à la basse. Le groupe joue une musique dérivée du metal que je compose principalement et a été formé en 2002… Enfin je crois ! C’était en 2002 ou non ?
- On va dire 2002 ! Ça nous facilitera les choses !
- Oui carrément ! Va pour 2002 !
- Concernant le son de ce nouvel album. Il est très riche et complet. Comment décrirais-tu son évolution par rapport à votre précédent disque ?
- En fait notre disque précédent était un ep qui traçait tout doucement le chemin vers ce qu’allait être Conqueror donc une comparaison ne serait pas forcément utile. Mais si on le compare à notre premier album, ce qui est ce que tu voulais dire je pense, on peut dire sans crainte que le son a grandement évolué. Les compositions sont moins longues et plus sobres, plus simples, tout en gardant cette impression de linéarité et de répétition. Je pense carrément qu’avec cet album nous avons atteint le son que je cherchais à donner au groupe depuis ses tous débuts. Et c’est une grande satisfaction pour nous ! Du coup nous savons très bien que tout le monde ne va pas réussir à s’adapter mais c’est un sacrifice que nous sommes prêt à faire…
- On peut donc dire que l’ep précédent était une façon de préparer les auditeurs à ce nouveau son qui allait débarquer ?
- Oui c’est ça en gros. Surtout que quelques titres de cet ep ont vu le jour en même temps que les premiers enregistrements de l’album donc le tout est très proche. Cet ep permet de laisser nos fans découvrir ce qui les attend…
- Tu parle beaucoup du public, et venant de groupes comme Godflesh ou Prong j’aimerais bien savoir ce que tu penses que les fans vont ressentir en écoutant ce nouvel album…
- Les pauvres ne vont sûrement pas beaucoup aimer, et je pense qu’ils ont déjà pu se dégoûter de ce que nous faisons dès le premier album. Nos idées, et donc notre public, sont très différents maintenant avec Jesu. Nous savons pertinemment que une grande majorité des fans de nos groupes précédents vont aller voir ailleurs et ce n’est pas grave. Ces groupes comme Prong ou Godflesh étaient très brutaux alors que nous jouons ici avec quelque chose de beaucoup plus beau et doux. Je ne dis pas qu’il n’y avait pas une sorte de beauté dans les compositions de nos groupes précédents mais c’était principalement de la rage alors que nous nous tournons ici vers la beauté pure et prenante. Les publics de nos anciens groupes et de Jesu sont fondamentalement différents, tout comme nous savons que ce sera également le cas à plus petite échelle entre les fans du premier et du second album.
- Pour rester dans la différence entre les anciens groupes et Jesu, tout à tellement changé que j’aimerais bien savoir ce qui vous a influencé dans la création de ces nouvelles compositions…
- La recherche d’une forme pure et calme de beauté. C’est notre principale influence. Mais musicalement parlant les groupes qui nous influencent dans Jesu ne sont pas des groupes que nous écoutons que depuis ces dernières années. Il y a dans les influences de Jesu des groupes que j’écoute depuis très longtemps mais qui n’avaient tout simplement pas leur place dans les compositions beaucoup plus brutales de Godflesh. Ces influences sont très nombreuses et variées. Elles vont du jazz au rock moderne, en passant par le doom et la pop anglaise qui a un son qui me plaît beaucoup. On peut aussi citer des classiques comme les Beach Boys ou même Pink Floyd.
- Quelles sont donc les ambiances que vous avez essayer d’introduire avec ce nouvel album ?
- Nous pensons avoir réussi à obtenir en grande partie ce que nous voulions avec cet album, et les ambiances, même si elles sont très proches, sont aussi très variées. Nous voulions que les gens trouvent un son metal dans notre musique, mais aussi une approche simplement belle de la mélodie. Nous voulions des textures nombreuses et complexes, et aussi que l’ensemble sonne psyche…
- Quel studio avez vous utiliser pour obtenir ce son si particulier ?
- Nous avons bossé chez moi, au Avalanche Studio. C’est un studio que je possède et que j’ai construit il y a très longtemps pendant l’époque Godflesh. Ça devait être en 91 ou en 92. C’était très important pour nous d’avoir notre propre espace de travail car nous passons tellement de temps à élaborer nos compositions et à peaufiner notre son qu’on serait déjà ruinés si on avait du le faire dans un studio payant ! Tu nous voies squatter un studio pendant un an le temps d’être satisfaits de notre boulot ? En tout cas la maison de disque ne serait pas très motivée ! On ne bosse pas avec Universal ! C’était donc très plaisant d’être chez nous et d’avoir accès au studio à volonté… Ça facilite également les choses pendant les crises d’insomnies quand tu enregistres à trois heure du mat !

- Tu as dis toi-même plus tôt que ce nouvel album allait sûrement heurter certains de vos anciens fans. Quel est le public que tu penses toucher avec cet album ?
- Oui c’est clair que nous allons décevoir du monde. Mais c’est obligatoire lorsque tu cherches à faire évoluer ton son. On va perdre certains fans et en gagner du nouveau. C’est le prix à payer et on y est préparé. Il n’y a pas d’autre choix si on veut respecter notre intégrité musicale. Certains anciens fans vont comprendre et continuer et d’autres vont lâcher l’affaire. Je ne sais pas vraiment s’il y a un public en particulier que nous allons réussir à séduire mais ce qui est sure c’est que j’aimerais que ce ne soit pas que le public metal underground qui nous écoute. Nous développons de nombreuses atmosphères et je suis certain que de nombreuses personnes peuvent trouver leur bonheur dans notre musique. On verra bien à la sortie de l’album !
- Est-ce que la séparation de Godflesh a eu des grandes répercussions sur Jesu ?
- Oui à fond. Tu sais c’était une partie très dure de ma vie et ce fut quelque chose de très difficile que de tourner une page pareille de ma vie. Godflesh représentait beaucoup pour moi et ce n’est jamais facile que de mettre fin à un groupe déjà si bien installé. Mais il fallait le faire et il faut parfois savoir se montrer fort, on est parfois souvent obligé de faire des sacrifices pour continuer à poursuivre ses rêves…
- Quels sont les projets du groupe dans un futur proche ?
- On va déjà laisser l’album sortir en Février et de là on enchaînera sur une tournée américaine avant de revenir vous voir en Europe au cours d’une tournée qui aura lieu vers Septembre… C’est déjà pas mal comme programme !
- Et quelles sont les ambiances que vous tentez de créer sur scène ? Sont-elles différentes de ce qui se passe sur l’album ?
- Ce que nous faisons sur scène est très différent de ce que nous faisons sur album car nous trouvons inintéressants les groupes qui se contentent de rejouer leurs albums sans y ajouter un petit quelque chose. Nous voulons que nos compos se créent une nouvelle identité en live. Nous essayons de faire quelque chose de plus bombastique, de plus énergique. On sonne plus comme un vrai groupe de rock ! (rire) Mais ne t’en fais pas on garde quand même les ingrédients qui font de Jesu ce qu’il est. En fait on essaie de faire en sorte de permettre au public de se noyer dans cette ambiance, de se laisser submerger…
- Merci beaucoup pour cette interview… Tu as un dernier mot à dire aux fans ?
- Pas grand chose en fait, je veux juste les remercier, en espérant que le plus de gens possibles aimeront ce nouveau chapitre de notre vie…
Furze - Decembre 2006
Entre deux sorties, Furze en profite pour continuer sa propagande au goût particulier à travers la réédition de ses premiers méfaits. La rédaction en a donc profité pour poser quelques question à l’étrange musicien qui se cache derrière ce projet, et a tenté de le comprendre malgré ses réponses parfois plus qu’obscures.

Metalchroniques – Pourrais-tu présenter Furze à tous les gens qui ne connaissent pas encore ce groupe ?
Furze – Furze est le nom de la lame sur la seule faux officielle de la faucheuse. C’est le seul instrument de musique qu’il a. Depuis les tous débuts (c’est à dire Trident Autocrat) on a représenté ça grâce à ce triplé :
L’aspect microcosmique : à travers lequel le faucheur exprime et crée les effets (sur un plan microcosmique) de vénérer la mort – la façon mortelle de ne pas craindre la mort, à cause des peurs humaines typiques, mais de la respecter comme si elle était l’éternité, tout en ne réfutant pas que la mort peut arriver à tous.
L’aspect semi éternel : Il n’y a rien prouvant l’existence de toutes les divinités que les humains ont vénérées, mais personne ne peut nier que les dieux et les forces (aussi bien du connu que de l’inconnu) peuvent exister. Seulement elles n’en sont pas moins mortelles comparées à la faucheuse qui la seule chose éternelle au final, il n’y a pas de lumière éternelle et l’ombre finira toujours par vaincre. Dieu, où n’importe lesquelles de vos croyances, reste quand même une simple semi éternité.
L’aspect éternel du faucheur : si votre Dieu doit vous sauver, ce ne sera que sur le plan de la semi éternité, alors autant se tourner tout de suite vers la mort qui elle ne trompera personne (elle tue uniquement), qui permet de faire le ménage dans toutes les erreurs des autres croyances.
- Alors que peut on trouver de neuf sur cette réédition de Trident Autocrat ?
- Il y a cette nouvelle outro, qui dure genre quatre minutes, et qui s’apparente à de la batterie méditative. Nous avions déjà une atmosphère tridimensionnelle sur l’album et cette outro permet de lui donner une fin plus cohérente. Si tu écoute cette nouvelle outro, il faut le faire seul sur une bonne grosse chaîne, c’est mon petit conseil. Ce n’est pas vraiment un morceau à part entière mais plutôt une conclusion des morceaux précédents. C’est en fait son seul but. On peut aussi préciser que tout comme pour Necromanzee Cogent vous pouvez trouver une version slipcase avec une nouvelle pochette et un livret plus complet.
- D’après toi, quelles sont les choses qui ont le plus changé dans le groupe depuis la sortie de ce premier album ?
- Grâce à mon travail sur les deux premiers ep et trois albums, je travaille maintenant de façon plus dynamique. Mon objectif pour le quatrième album est en fait de créer le premier album de black metal tridimensionnel primitif. On pourrait dire que je suis plus ouvert à l’idée de combiner les éléments typiques de Furze avec d’autres choses. Cela prouvera un certain progrès mais ce ne sera surtout pas à confondre avec une putain de musique hollywoodienne déguisée en black metal. Ce qui a le plus changé est mon habilité à avoir de nouvelles idées et cela vient surtout des répètes.
- Ton approche du son black metal semble très particulière. Comment penses-tu te démarquer des autres groupes ?
- Furze combine les aspects trois et un dont je parlais avant. C’est à dire la personne mortelle et ce qui lui est extérieur. Nous prenons beaucoup de fierté à combiner des éléments comme le black metal, le classique ou le jazz. Les autres groupes sont plus bloqués dans ce que je décrivais comme le second aspect.
- Vous vous distinguez aussi des autres groupes par votre façon de parler du black metal et de votre travail…
- Il faut remarquer que notre black metal se veut « NecroSaint », c’est juste un moyen de faire face à la mort et de planter cette faux dans les autres croyances. Furze n’est pas juste un moyen stupide de dire « on est la mort et vous allez crever en nous écoutant ! » ; ou « On est la mort et ton groupe ne peut pas chanter à propos de ce sujet sans nous voler nos idées ». J’espèrerais qu’en vénérant la mort certaines personnes comprennent ce que nous voulons faire passer comme message, les aspects un et trois cités avant ne font pas de nous des athées.
- Votre nouvel album vient de sortir, que doit en attendre le public ?
- C’est un album beaucoup plus cru et profond que son prédécésseur Trident Autocrat. C’est comme une nouvelle dimension qui ne peut être décrite par des mots. Cet album est en fait deux albums ! Vous pouvez voir la description sur notre site officiel. (www.furze.net)
- Tu as pris un long moment pour sortir cet album (le premier depuis 2001 !). Qu’as-tu fais pendant cette période ?
- Trident Autocrat est sorti en 2000, Necromanzee Cogent en 2003 (mais il avait été enregistré en 2000/2001, si !). Et bien ce nouvel album a été enregistré en 2004/2005… Le problème c’est qu’enregistrer un album de Furze n’est qu’une partie du procès. Ce que je veux dire c’est qu’il m’arrive toujours des emmerdes comme un nouveau contrat à faire, un label qui ferme… Nos sorties auraient du se passer comme ça : Trident Autocrat en 1999 (même si j’ai du réenregistrer quelques trucs en 2000 à cause d’emmerdes avec un guitariste qui s’est barré après l’enregistrement), Necromanzee Cogent en 2001 (le boss du label était en taule), Baphomet Wade (un album abandonné à cause de problèmes de son sur les enregistrements pendant Necromanzee Cogent, je ne veux même pas en parler de cette histoire) en 2003, et le nouvel album en 2005. Plus une compile Hidden Aspects of The Name of The blade (on The Scythe) en 2007. Mais bon le nouvel album sortira bien en Février 2007 et sera déjà disponible en vinyle depuis mi-Décembre.
- Tu prévoies tout de même de tourner ?
- Pas de tournée ni de festival. Ce ne serait pas possible car nous voulons restituer l’ambiance Furze sur scène…. On ne peut pas faire une tournée typique ou se contenter de sauter sur scène après un autre groupe pendant un festival alors on ne fera que certains shows très spéciaux. Après des années de réflexion sur cette idée je me suis rendu compte qu’il me faudrait un management à la Kiss (et des lois bien plus souples qu’en ce bas monde si je voulais éviter la prison) pour réussir mes projets. Ce qui arrivera permettra de souligner l’importance du concept Furze et se rapprochera d’une vaste moisson live. Venez sur notre site et faites nous confiance, on ne laissera pas tomber cette idée tant que rien d’extraordinaire nous en empêche.
- Merci pour cette interview. Tu as un dernier mot à dire aux fans et aux lecteurs ?
- Continuez de supporter la scène underground ! Ne vous amusez pas à graver des putains de CD-R quand les ep ou albums sont durs à trouver, il seront bientôt disponibles à nouveau !
Forest Silence - Décembre 2006
Après plusieurs démos, Forest Silence arrive enfin avec un premier album que leur guitariste nous fait découvrir à travers cette petite interview :
Metalchroniques – Enfin un album ! Quels sont vos sentiments à propos de cet enregistrement maintenant qu’il est disponible ?
Forest Silence – Ce fut un long travail pour enregistrer cet album. Cinq ans ont passés depuis la dernière démo du groupe, donc nous nous sentons comme libérés maintenant ! Nous sommes satisfaits d’avoir réussi à produire l’album tel que nous le voulions. C’est le premier album de Forest of Silence et c’est un grand plaisir pour nous qu’il soit enfin disponible.
- Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Forest Silence en parallèle de Sear Bliss ?
- Pour mettre les choses au clair, Forest Silence était à la base le groupe de l’ancien clavier de Sear Bliss, Winter. Il a créé Forest Silence quand il était encore dans Sear Bliss car il ressentait le besoin de créer quelque chose de différent. En fait, les deux premières démos sont surtout tournées vers le clavier d’ambiance et c’est seulement plus tard qu’il a décidé de transformer Forest Silence en vrai groupe.
- Les membres de Forest Silence sont principalement issus de Sear Bliss, comment fonctionne ce line-up ? Et est ce que le groupe arrive à fonctionner malgré les deux line-up très proches ?
- Forest Silence est le groupe de Winter. Nous sommes juste là pour l’aider puisqu’il ne fait plus partie de Sear Bliss depuis 1997. Nous sommes restés bons amis et il m’avait demandé de jouer les grattes. Il a aussi demandé à notre batteur de jouer sur Philosophy of Winter. Tout cela ne pose pas de problème puisque Forest Silence n’est pas un groupe live, ce qui ne nous empêche donc pas de nous partager entre les deux groupes. Tout fonctionne très bien.
- Le groupe a déjà de nombreux fans dans l’underground, que penses-tu que les gens attendent de cet album ? Et comment penses-tu qu’ils vont réagir en l’écoutant ?
- Je en sais pas à quoi les gens s’attendaient mais les premières réactions sont plutôt bonnes ! C’est un album plutôt étrange et je pense qu’il y a pas mal de gens aux goûts tout aussi étranges qui pourront apprécier !
- Les compos de Forest Silence sont surtout basées sur le synthé, comment se passe la composition ?
- Comme je te l’ai dit, le groupe a commencé par de l’ambient joué uniquement au synthé et les compos continuent d’êtres majoritairement créées sur ce support. Le synthé joue un rôle très important dans la musique de Forest Silence, ils permettent de créer l’ambiance et l’aura parfaite. Nous travaillons dur sur les sons de synthé et c’est très important.
- Puisque Forest Silence n’est qu’un projet comment va se passer son futur ? Est-ce que de prochains albums sont prévus ou les fans devront-ils se contenter de celui-ci ?
- Le terme projet ne colle plus vraiment à Forest Silence. Si tout à bien commencer dans cette optique, c’est maintenant un groupe avec des objectifs sérieux. Il y aura de nouveaux albums, mais tout dépend de Winter qui reste le leader du groupe. Nous travaillons déjà sur de nouvelles compos.
- Les ambiances sont vraiment très présentes dans cet album. Quelles sont vos principales influences ?
- L’Hiver reste notre influence principale. Nous sommes obsédés par le côté beau et mystique qui se dégage du froid. Forest Silence est en fait l’interprétation sonique de l’hiver.
- Est-ce qu’on peut tout de même espérer une tournée un jour ?
- Non Forest Silence ne jouera jamais en live.
- Merci beaucoup pour cette courte interview. Je te laisse conclure si tu as un dernier mot pour les fans…
Merci beaucoup pour votre soutien. Je recommande Philosophy of Winter à tous les amoureux de black metal lent et hypnotique.
06 janvier 2007
Amplifier - Decembre 2006
Amplifier ont profité
d’une tournée avec Opeth pour faire découvrir à un large public leur rock aux
racines indescriptibles. Séduisant à chaque date des auditeurs avec leur son
recherché et puissant. Après un ep et deux albums, il était temps pour nous de
poser quelques questions à ces anglais si amicaux…
Metalchroniques - Vous pouvez commencer par présenter le groupe aux lecteurs
qui ne vous connaissent pas encore ?
Matt Brobin – On est Amplifier, Sel est gratteux et
chanteur, Neil est le bassiste et je suis Matt, le batteur
Sel Balamir – Ouais c’est ça ! (rire) Une parfaite version courte ! Non, plus sérieusement, je suppose que tu aimerais quelque chose de plus précis ?
Metalchroniques – Euh, oui ce serait pas mal !
SB – Ok, alors on joue ensemble depuis 1998, on a déjà fait
deux albums et un ep. On vient de Manchester en Angleterre. On avait emménagé à
Manchester pour faire de la musique. On y est arrivé depuis 12 ans environ…
Neil vient de Dublin, et Matt de Cardiff, moi je suis tout simplement de
Londres… Le centre de l’univers quoi ! (rire) On a joué dans différents
groupes pendant pas mal de temps. J’étais au conservatoire avec Matt et Neil
bossait dans un magasin de disques, pour ruiner les pauvres étudiants… En nous
donnant quand même de temps en temps un ep ou deux ! Après avoir travaillé
ensemble sur un autre projet, on a enfin monté Amplifier avec Matt avant de
demander à Neil de venir nous rejoindre en 98, pour rejoindre ce que disait
Matt… On a fait notre premier concert en 99 et on en a fait un bon millier
depuis ! Voici pour une petite partie de l’histoire du groupe. Mais le
plus important est de préciser qu’on a jamais eu en tête de devenir des
rockstars ou de gagner un max d’argent… On voulait juste s’amuser et faire
quelques concerts. Nous avons toujours respecté cette pureté dans nos
motivations…
Neil Mahony – Je crois que je n’ai plus grand-chose à
rajouter !
- Alors voici une question en deux parties sur votre
production : en premier, dites-moi si je me trompe dans ce que je vais
vous dire, ça sonne comme du rock 70’s mélangé à des trucs plus moderne comme
on peut le ressentir sur votre ep. En second, cette impression de contraste se
ressent encore plus sur votre second album, avez-vous maintenant atteint le son
que vous vouliez ou est-ce que vous avez encore des trucs à faire pour
l’améliorer ?
SB - Je pense que chaque disque sonne différemment donc on
verra bien dans le futur, mais ta remarque est intéressante parce que notre ep
a été enregistré sur un simple ordinateur en fait, ce qui nous est revenu à
genre deux livres, alors quand tu dis que ça sonne moderne c’est véridique
puisque nous l’avons fait avec des outils modernes. Notre premier album a lui
été enregistré aussi sur ordinateur parce que…
NM – Parce que les cassettes sont trop chères !
SB – Ouais c’est ça. Mais on a quand même utilisé une table
de mix analogique traditionnelle. Notre principale volonté était d’enregistrer
notre album sur une vieille table que nous avions choisie, parce qu’on trouve que rien ne sonne mieux que cette table.
Le second album a lui aussi été enregistré sur du matos encore plus typique… Et
personne ne nous avait fait cette remarque avant, de reconnaître notre première
intention…
MB – Bien joué !
- Tu as quelque chose a rajouté Matt ? Ou tu attends la
prochaine question ?
MB – Non, c’est bon !
NM – Moi, je dirais que beaucoup de monde nous a déjà
dit que notre ep sonne plus comme notre vrai son live alors que l’album sonne
plus comme un simple enregistrement. Avec notre ep on avait surtout voulu
capturer l’énergie du groupe…
SB – Et notre manque de fric ! (rire)
NM – Mais perso je trouve que nos albums et notre ep sonnent
tous un peu comme nous en live… On a eu l’occasion de nous entendre dans
tellement d’endroits différents que je pense qu’on sait quand même comment on
sonne… Les autres se basent sur l’idée que donne notre premier album sur une pauvre chaîne et ça ne nous rend pas
hommage… Puisqu’ils préfèrent notre ep ! Contairement à toi qui a
compris !
SB – Le plus important est de rester dans notre budget très
réduit !
MB – Capturer notre son live n’est pas facile du tout…
- Maintenant j’ai besoin de votre aide puisqu’à chaque fois
que j’essaie de décrire votre son à quelqu’un je m’emmêle dans je ne sais
combien de styles sans réussir à sortir un résultat vraiment satisfaisant…
Comment est-ce que vous le décririez vous-même ?
SB – C’est vraiment dur oui ! Mais dis nous d’abord ce
que tu en penses toi…
- Je trouve que ça sonne comme du rock anglais moderne,
mélangé avec des trucs plus psyché mais aussi des influences metal et un son
70’s… Mais bon ça ne me satisfait pas vraiment !
SB – Tu sais c’est pas mal puisque nous-même dans le groupe
avons du mal à savoir comment nous décrire…
NM – Tu essaie de nous décire en parlant d’autres
groupes mais tu n’y arrives pas et c’est normal… On y arrive pas
nous-même ! On regardait Tommy des Who l’autre soir et c’est seulement là
que je me suis rendu compte que nous sonnions un peu comme eux !
- Oui, à chaque fois que j’écoute votre album je découvre
quelque chose de différent…
NM – C’est un peu ce qui nous est arrivé avec les Who !
MB – On est un peu comme un mixer dans lequel tu met pleins
de trucs et tu mélanges… Ça ne sonne plus comme rien de ce que tu avais à la
base mais c’est là. Et nous on est un peu ça. On ne cherche pas à sonner comme
quelqu’un particulier et on change selon les titres… Ce qui est au final un peu
frustrant quand on ne peut même pas donner une réponse correcte à la question
que tu viens de nous poser ! Même pas une idée de style !
NM – Du heavy wood, pas du metal, une bonne grosse
bûche ! (rire)
MB – Perso je hais mettre des étiquettes sur les groupes…
NM – Je pense que post-classic-rock reste le seul truc qui
me satisfait mais après ça dépend de ce que tu vois comme le post-rock… Mais
bon au final on emmerde les étiquettes !
- De plus vous êtes un power-trio…
SB – Ouais c’est vrai ça ! On est un putain de power
trio !
- Malgré le fait que vous ne soyez que trois, vous pondez
quand-même de gros arrangements… Comment procédez vous pour la
composition ?
NM – Vive la Technologie !
SB – Ça dépend des moments… On y va plutôt à l’arrache…
C’est du jam en général et on y va à la vieille méthode… On jam pendant trois
jours sans dormir ni manger et de temps en temps on a le bol de sortir une bonne
idée ! Mais bon on a pas trop eu ce luxe pour le second album puisqu’on
avait un temps limité pour pondre des compos…
- Pour être honnête, je ne connais pas vos paroles, promo cd
oblige…
SB - Tu n’es pas obligé de les connaître… À la limite tu peux
te contenter de te laisser porter par le son de la voix, les mots ne sont pas
très importants…
- Mais de quoi parlez vous sur votre dernier album ?
NM – Rien de spécial…
MB – C’est pas un album concept comme Dark Side of the Moon.
C’est plutôt un simple flux de pensée et ce que ça représente pour moi n’est
pas obligatoirement la même chose que pour quelqu’un d’autre…
NM – Ouais carrément…
SB – Il n’y a rien de très construit ni de préparé…
MB – La plupart du temps Sel écrit simplement de la poésie et
on l’adapte sur les titres… Ça pourrait tout gâcher en fait de savoir de quoi
ça parle puisque ça peut représenter des choses très différentes pour chacun…
SB – je ne veux pas livrer de vérité universelle, plutôt
écrire de façon à laisser l’auditeur se faire ses propres idées, ce qui donne
encore plus de valeur à la musique puisque n’importe qui peut s’y rattacher…
- Et à propos du moment le plus important de l’album ?
La machine à écrire ?
NM – Ouais c’est carrément le point central ! (rire)
J’ai laissé mes doigts s’éclater ! Non sèrieux pour en revenir aux
paroles. Ta question m’a fait penser au Pixies et leur style de paroles.
J’adore écouter leurs musique et m’imaginer les paroles que je ne peux pas
comprendre quand la voix part dans tout les sens… Tu peux entendre quelques
lignes et le reste du temps tu ne comprends rien ! Alors je me base sur ce
que j’ai compris pour imaginer le reste. Je fais ça depuis des années et
maintenant que j’ai le net et que je peux vérifier je suis déçu de découvrir
les trucs qu’il dit vraiment ! Alors c’est un petit plaisir de faire des
paroles que tout le monde ne peut pas comprendre et est obligé d’imaginer par
soi-même… Je ne suis pas un grand fan d’art mais j’aime bien regarder des
tableaux et me laisser porter par ce qu’ils me font ressentir… Ça me soulerait
que le peintre me gonfle avec ses idées et gâche ce que j’imagine… je pense que
c’est pareil avec les paroles de Sel…
- Avant l’interview je parlais des fans d’Opeth avec Matt et
on se demandait…
MB – Tu sais il y a toujours un élément que les fans
arrivent à apprécier dans notre musique…
- Vous attendiez quoi de cette tournée ?
SB – En fait, je m’attendais à ce que quelques personnes
aiment et d’autres écoutent poliment sans trop s’emmerder, mais tant que certains
aiment…
NM – Je pense que Opeth ne sont pas vraiment un groupe
typique de metal, ils sont au dessus de ça… Ils ont des masses d’influences et
je suis certain que si tu leur demande ils te citeront pas mal de groupes que
nous pourrions dire aussi. Je pense que les vrais fans d’Opeth ne doivent pas
se limiter à un style et il en va de même avec nous… Opeth vont plus loin que
le metal et nous allons plus loin que le rock… Mais je sais bien que certains
mecs s’emmerdent pendant le concert et éspèrent nous voir faire quelques
growls…
SB – C’est fun parce que Mike est tellement marrant entre
les différents titres ! Il joue des musique de Deliverance et personne n’a
envie de sourire… Sauf nous
MB – On écoute ça et on se dit qu’on ne devrait pas sourire
mais on ne peut pas s’en empêcher parce qu’il nous inspire tellement… Et il ne
peut pas s’empêcher de lâcher des vannes entre chaque titre…
- Et à propos de votre prochaine tournée ?
MB - On était même pas encore au courant ce matin qu’on
allait jouer dans certaines villes ! C’est un pote qui nous a prévenu
qu’on allait jouer à Zurich !
- Ça va vous changer de jouer en tête d’affiche ?
SB – On jouera plus de titres vu que là notre setlist est
vraiment courte !
NM – On a déjà fini une autre tournée avant de partir avec
Opeth, et du coup on a jamais le temps de nous reposer ! Tellement de
monde attend de nous voir jouer qu’on ne peut pas faire autre chose que de
continuer à prévoir des concerts ! On a hâte de revenir jouer en
Angleterre par exemple !
SB – Et ça nous change puisqu’on joue devant notre propre
public, puis devant celui d’Opeth qui ne nous connaissent pas et découvrent des
titres… Quand on reviendra il y aura notre public plus ceux qui ont aimer… Et
c’est comme ça qu’on grandit !
NM – Ça fait un peu vampire en fait !
- On va quand même terminer cette interview, vous avez un
dernier mot pour les fans, les gens qui vont vous découvrir ce soir, les
autres ?
NM - C’est quoi le nom de ton magazine ?
- C’est un webzine, metalchroniques.com
NM – Et c’est principalement français ?
- Uniquement en français…
NM – Ah ok vous ne voulez pas laisser les autres gens
lire ! (rire)
SB – Tu sais, on n’avait pas assez fait attention à notre
public français avant mais maintenant que nous sommes venu et que nous avons vu
comme le public était cool, on va revenir sans hésiter. Alors à bientôt !
02 janvier 2007
Suidakra (Décembre 2006)
Salut Suidakra, on débute de façon assez directe, pensais tu à la création du groupe arriver à huit albums et dépasser les dix ans de carrière musicale ?
Non je n’avais même pas pensé faire un album. Pour moi le rêve est devenu réalité quand nous avons débuté avec le groupe. Et à ce moment nos objectifs étaient de jouer un ou deux concerts dans l’année. Douze ans plus tard, nous avons des fans dans le monde entier, nous avons réalisé deux cassettes démo, huit albums et joué plus de 200 concerts à travers l’Europe. Je veux dire que c’est une chose tellement incroyable pour moi. Mais j’ai toujours regardé droit devant et non en arrière peut être que c’est la raison qui fait qu’il nous est arrivé tout ceci avec le groupe.
Pour tous les groupes un nouvel album est toujours considéré comme le meilleur mais cette fois ci cela s’avère vrai pour Suidakra, Caledonia est le meilleur album du groupe.
Je pense réellement que Caledonia est notre album le plus compact et le plus réussi depuis toujours. Nous avons travaillé, sur cet album, davantage sur les détails et sur les structures des chansons que sur nos autres réalisations. Nous étions complètement dans un flot d’inspirations et tout le travail s’est passé parfaitement. Pour preuve, nous avions des chansons que nous n’aimions pas beaucoup au début mais après quelques temps nous avons fini par trouver les choses qui nous ont permis de leur donner la bonne forme. Mais c’est normal parce que certaines chansons ont simplement besoin de plus de temps pour mûrir.
Je pense que l’une des plus grosses différences comparées à nos autres albums est que nous avons vraiment essayé d’améliorer la façon de structurer nos chansons. Nous avons toujours beaucoup de parties dans chaque morceau incluant beaucoup de styles différents mais nous avons commencé par réitérer les idées plus que d’habitude pour donner à nos chansons un découpage plus compréhensible avec un bien meilleur feeling.
Pour nous, Caledonia est bien le meilleur et le plus équilibré des albums de Suidakra depuis toujours.
Avec Caledonia, une nouvelle fois le groupe change d’orientation musicale, vous avez cette fois effectué un retour aux sources assez proche de The Arcanum et en tout cas bien éloigné de Command To Charge.
C’était un procédé naturel que Caledonia se transforme en cette sorte de death mélodique folk.
Quand nous avons commencé à écrire de nouveaux titres pour l’album Command To Charge nous avions le feeling pour faire quelque chose de nouveau après six réalisations. Les riffs et les mélodies ne sonnaient pas très frais et nous n’avons pas voulu nous copier nous-mêmes.
En écrivant de nouvelles chansons pour Caledonia nous avons réalisé qu’il nous était nécessaire de prendre de la distance pour avoir une nouvelle inspiration et des idées vraiment fraîches.
Durant son break, Marcel a démarré un nouveau projet, mais sans ambition de succès, juste pour le fun, quelque qui sonnait comme Black Label Society ou Clutch et il faisait uniquement les vocaux. Ceci s’est avéré très positif pour Suidakra car il s’est focalisé sur l’amélioration de son chant et il nous a tous surpris quand nous avons commencé les premiers enregistrements en salle de répétition. Cette fraîcheur était présente lorsque nous nous sommes assis avec nos guitares et que nous avons commencé à écrire pour Caledonia, il a suffit de faire clic sur « record» et tout s’est passé merveilleusement – les mélodies étaient de nouveau fraîches, les parties s’enchaînaient comme jamais auparavant et nous prenions part à cette inspiration, cela vous incite parfois à penser que la musique a toujours était là vous êtes juste celui qui lui donne une forme.
Si je te dis que Suidakra a écrit, selon moi, sur cet album deux de ses meilleurs titres avec Forth-Clyde et The IX Legion, tu en penses quoi ?
C’est évidemment un grand compliment pour nous ! Merci !!!
C’est intéressant parce que Forth-Clyde par exemple était une des premières chansons que nous avons composée et nous avons fait beaucoup de changement au fil du temps mais elle s’avère être une de nos favorites.
Mais pour être honnête je te dirais que c’est vraiment dur pour nous de choisir spécialement une chanson comme étant un de nos meilleurs titres, car chaque morceau de chaque album est différent et créé sa propre atmosphère.
Es tu satisfait des retombées pour le groupe depuis votre signature sur Armageddon Music ?
Oui nous le sommes. Bien sûr il y a eu de mauvais retours concernant l’album Command To Charge mais pour nous c’est ok. Maintenant avec Caledonia il y a nettement plus d’euphorie, les retours de la presse et des fans sont vraiment étonnants ! Nous sommes vraiment heureux et fiers de cela parce que ce n’est pas facile après douze ans et huit albums de garder la flamme allumée…
Que retiendras tu de votre passage sur Century Media ? Etait ce une erreur de signer avec ce label ?
Je ne dirais pas que c’était une erreur mais plus une autre expérience nouvelle. Nous avions fini les enregistrements des répétitions de Command to Charge et nous leur avons envoyé les pré-enregistrements. Century Media n’ont pas aimé le nouveau matériel et ils nous ont donné l’opportunité d’écrire un nouvel album avec beaucoup d’influences folk ou de cesser notre coopération. Nous avons bien évidemment défendu notre musique et il ne faisait plus aucun doute pour nous qu’il fallait quitter Century Media.
Cet album sent bon les hautes contrées celtiques, parle nous du concept de Caledonia mettant en avant les batailles entre romains et tribus écossaises ?
Le concept est au sujet des « Picts », l’ancien peuple d’Ecosse qui a dû se défendre contre l’Empire romain depuis le début du premier siècle. Cette guerre a duré presque 300 ans et les romains ont appelé cette terre Caledonia – malheureusement le nom original de cette terre n’est pas connu ou peut être qu’il n’a jamais existé car le peuple était organisé en petite tribus et n’avait pas de système social global ou d’identité.
Nous avons choisi ce thème car il est très intéressant lorsqu’on se focalise sur la coïncidence de ces deux mondes très différents. D’un côté des gens qui vivent très près de la nature avec une tradition orale et un folklore riche – de l’autre un empire dont le but est de conquérir le monde avec une méthode très efficace, parce qu’ils accablaient leurs ennemis avant de leur redonner quelques libertés dans le but de mélanger à cette culture leur mode de vie moderne. Les romains ont introduit beaucoup d'aspects progressifs en Europe. Ils ont révolutionné la guerre grâce à un sens strict de l’organisation, ils ont réuni les tribus grâce à la construction de voirie et facilité ainsi le commerce, ont donné naissance à un sens moderne de la communauté urbaine et le plus intéressant pour nous, ils ont échoué en raison de leur faim insatiable de plus de puissance ; de plus de richesse et de corruption. Il y a bien plus d’aspects semblables à notre vie moderne d’aujourd’hui et l’origine de cela doit être trouvée dans la colonisation européenne par les romains.
D’où vous viennent, vous allemands, ces affinités avec cette musique épique, folk aux racines celtiques ?
Eh bien, les anciennes légendes et les éléments folk ont toujours fait parti de notre musique depuis que Marcel a rejoint le groupe en 1996. Il a, et a toujours eu, un grand intérêt pour les mythologies et les histoires celtiques et quand nous avons commencé à mixer notre musique avec des éléments folk il s’est avéré clair que nos paroles devaient également aller vers ce thème. Nous l’avons fait avec « Lays from afar » notre premier concept album où nous avons écrit une histoire imaginaire très inspirée par les mythes celtes et sur « Emprise to avalon » nous nous sommes basés sur une vraie tradition que nous avons mixé avec notre imagination pour obtenir une bonne histoire. Au même titre que les différents styles qui font notre musique, Marcel est très anxieux de combiner les différents aspects des paroles : il y a les mythes celtiques qui sont parsemés de faits historiques et d’imagination mais dans un autre sens il a toujours essayé de donner une signification plus profonde de façon politique, social ou philosophique. Je suis d’avis que quand vous n'avez rien à dire vous ne devriez pas écrire les paroles. !
Connais tu la chanson Penny Dreadful de Skyclad ? Il y a un passage très cool qui dit :
« Tenez votre terre à travers le temps et refuser de suivre les modes. Écrivez votre poésie avec colère et chantez la avec passion »
La cornemuse et les parties acoustiques sur Caledonia sont une nouvelle fois indissociable du nom Suidakra.
Oui je suis d’accord. Ces deux éléments sont très importants pour nous pour créer une atmosphère spécial et conserver notre son aussi varié que possible. Les titres acoustiques font partie intégrale de notre son depuis les débuts du groupe mais les cornemuses sont nouvelles pour nous.
Axel Römer, qui est un joueur professionnel de pipeau est responsable des cornemuses. Nous avons travaillé avec lui sur Command To Charge pour la première fois. Sur cet enregistrement c’était une nouvelle expérience pour le groupe dans son ensemble et nous avions inséré les cornemuses après l’écriture des morceaux. Cette fois nous les avons pris en compte dans le processus d’écriture au point de composer des lignes mélodiques spéciales pour cet instrument. Axel est également un bon ami du groupe et c’est toujours fun de travailler avec lui, tous ensemble.
Suidakra a eu l’occasion de tourner pour la première fois un clip video pour The IX Legion parle nous de ce clip et des lieux utilisés (forêt et hangar).
C’était quelque chose de nouveau pour nous d’être devant une caméra et de jouer un titre encore et encore avec beaucoup de changement sur le plateau. Je pense que le plus difficile a été de créer un semblant d’action sans l’apport d’un public. Mais après quelques tests nous nous sommes concentrés nous-mêmes sur notre travail.
Nous avons décidé de filmer dans deux endroits pour montrer les différences du concept et de notre musique. D’un côté tu peux voir la forêt qui illustre les picts et leur relation à la nature ainsi que les éléments folk de notre musique. De l’autre il y a l’usine évoquant l’empire romain moderne et le les parties death metal de notre musique.
C’était marrant de filmer en forêt car de temps en temps il y avait des coureurs. Cela doit sembler étrange aux gens normaux de voir quatre metalleux peinturlurés dans la forêt et headbanger sans arrêt. Mais c’était cool et fascinant.
Au final nous avons pris beaucoup de plaisir ensemble et nous avons planifié de faire une autre vidéo.
Vous avez de nouveau fait appel à Kris Verwimp pour l’artwork de l’album et il continue son travail jusque sur le merchandising, c’est un symbole de plus du retour vers The Arcanum et Emprise To Avalon.
Après avoir travaillé avec quelques autres artistes sur nos deux réalisations précédentes nous avons pensé travailler de nouveau avec Kris. Nous l’avons rencontré l’année dernière quand nous jouions en Belgique pour la première fois. Après le concert nous avons parlé de l’idée de faire un concept album et lui avons demandé si il serait intéressé pour travailler à nouveau avec nous. Kris était notre premier choix non pas comme un symbole ou un retour en arrière à nos anciennes réalisations mais à notre avis il était le mieux placé pour apporter à son travail l’idée de concept mieux que quiconque d’autre.
Contrairement à précédemment, nous avons travaillé ensemble comme une équipe. Nous avons envoyé à Kris nos premiers enregistrements effectués en répétition pour l’inspirer et évidemment les paroles pour être sûr que son dessin serait en accord parfait avec le concept.
Avez-vous définitivement quitté le Stage One Studio ? Quelles sont les différences majeures que vous avez constatées en enregistrant aux Gernhart Records Studio par rapport au travail d’Andy Classen ?
Travailler avec Andy a toujours été grand mais après quelques albums nous avions le désir de rechercher un autre studio. Dans le nouveau studio nous avons plus d’options pour réaliser nos visions sans faire de compromis. Nous n’avions pas mis de titres acoustiques sur Sign of the Fallen par exemple pour cette raison.
D’un autre côté, Martin est beaucoup plus ouvert à de nouvelles idées tandis qu’Andy a, après trois albums avec Suidakra, son propre son dans son esprit et c’est difficile pour nous d’y changer quelque chose.
Martin est toujours un musicien actif et sa priorité est d’enregistrer le meilleur album qu’il puisse.
En décembre vous passez normalement en France pour deux concerts (finalement les dates ont été annulées) et je suppose que vous allez vous consacrer pendant l’année 2007 à une tournée avec beaucoup de concerts ?
Oui, nous sommes très heureux d’avoir la chance de venir de nouveau en France car nos premiers concerts étaient terribles. Nous avons déjà beaucoup de concerts confirmés pour 2007 en Russie, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Serbie, Italie et le Wacken Road Show. Comme tu peux voir il y aura de grandes chances de pouvoir chopper Suidakra en live l’an prochain ;-)
Aura-t-on un jour la chance de voir Suidakra en concert sur un DVD ? C’est la mode actuellement.
Oui, notre opinion est que après douze ans de Suidakra, le temps est venu de rélaiser un DVD live. Mais nous avons planifié quelque chose de spécial pour début 2007. Nous allons filmer notre concert acoustique et l’ajouterons au côté d’un vrai concert de Suidakra (filmé à St Petersbourg, Russie) sur un DVD avec des bonus comme le making of du clip de The IXth Legion…
Pour nous c’est énorme de réaliser le premier DVD de Suidakra. Beaucoup de groupes réalisent le leur après leur premier ou leur second album ;-)
Merci à toi pour tes réponses, longue vie à Suidakra !!!
Merci pour cette interview et ton soutien. Dans l’espoir de vous voir !
Chronique de l'album Caledonia
18 décembre 2006
Interview After All (décembre 2006)
Les belges d'After All viennent de sortir leur sixième album, le second chez Dockyard 1, This Violent Decline met le groupe en position haute dans le domaine du thrash et Dries Van Damme a bien voulu se soumettre à quelques questions.
Salut After All, le groupe commence à se faire connaître depuis sa signature sur Dockyard mais il existe depuis 1988 avec un premier EP en 1992, quelle est son histoire jusqu’à aujourd’hui ?
Le tout début du groupe débute déjà en 1987. C’est depuis 1990 qu’on utilise le nom After All. Le premier EP était sorti en 1992, le premier album « Wonder » en 1995, suivi par « Transcendent » (1997) et « Dead Loss » (2000). C’est à partir de l’album « Mercury Rising » (2003) qu’on a commencé à établir le groupe sur le plan européen. En 2003, on a joué nos premières tournées en Europe : avec Anthrax (mars 2003), Anthrax et Prong (juin 2003) et Overkill (novembre 2003). En 2005, on a signé avec Dockyard1 pour trois albums. Le premier – « The Vermin Breed » - est sorti en printemps 2005, suivi par des tournées européennes avec Agent Steel (avril 2005) et Destruction et Candlemass (novembre 2005). En juin 2006, on a fait une petite tournée avec King Diamond, pour soutenir le lancement du nouvel album « This Violent Decline », sorti également sur Dockyard1.
C’est indéniable on peut dire que votre arrivée sur Dockyard 1 à booster la mise en avant d’After All.
Tout à fait. Les deux premiers albums sont sortis par des labels belges tout petit. Cela nous a permis d’établir le groupe petit à petit. Les deux albums suivants sont sortis par Mausoleum, ce qui nous a introduit dans la scène européenne. Il est vrai qu’avec les derniers deux albums sur Dockyard1 nous ont boostés le plus. Dockyard1 est un label très professionnel, qui investit le plus que possible dans les groupes. Ils font aussi de très grands efforts en termes de distribution, promotion, etc.
Quel est l’intérêt pour After All de participer en 2006 à un split CD, en l’occurrence The Devil’s Pathway avec Ram sorti chez Metal Coven Records ?
En fait, ce n’était pas un cd, mais un split 7 inch en vinyl. Le mec de Metal Coven Records est un grand fan de After All. Il voulait faire quelque chose avec nous déjà depuis quelques années. Nous sommes restés en contact, et en début 2006, on a décidé de sortir deux morceaux exclusifs chez Metal Coven, seulement sur vinyl. Il s’agit de deux morceaux qu’on avait enregistré déjà en 2002, mais qu’on n’avait jamais sortis. Alors, cet EP est quelque chose de spécial pour les fans de After All, et pour les collectionneurs de vinyl également.
Un petit mot sur votre reprise de In The Grip Of Evil de Cyclone, un groupe de chez vous, sont-ils le déclencheur de la passion pour le thrash de After All ou même de façon plus vaste du metal en compagnie d’autres groupes belges comme Iron Grey, Explorer ou Lightning Fire.
Ce n’est pas par hasard que vous citez les quatre groupes de l’album « Metal Race » :) Sérieusement, Cyclone est le groupe belge par excellence. J’ai toujours été un grand fan de Cyclone. Un des premiers concerts que j’ai jamais vu, c’était Cyclone, en première partie de Metallica pendant la tournée de « Master of Puppets ». Les autres groupes sur l’affiche étaient Anthrax et Metal Church. Ca donne quand même une idée du niveau que Cyclone avait atteint dans le temps… Ce qui est marrant, c’est que les mecs de Cyclone sont devenus des amis à nous, et que nous aussi, nous avons joué des concerts avec Anthrax et Metal Church. Pas encore avec Metallica :)
Alors tu comprends, que pour nous ce n’était que logique d’enregistrer une reprise de Cyclone un jour…
Les autres groupes belges, dont tu parles, n’ont pas eu d’influence, comme ils n’ont jamais sorti des albums. Pendant les années 80, il y avait beaucoup de bons groupes belges – que j’aime encore aujourd’hui : Acid, Bad Lizard, Ostrogoth, Scavenger, Ritual…
Penses tu que After All va pouvoir atteindre une renommée européenne au même titre que d’autres groupes belges tels que Enthroned, Aborted ou Ancient Rites?
Il est impossible de prédire l’avenir. Si After All décidait de s’arrêter aujourd’hui, on laisserait une œuvre de 6 albums et 5 EP’s, et on a joué quelques centaines de concerts à travers toute l’Europe : de la Finlande jusqu’à la Slovénie. Je sais bien qu’il y a encore des possibilités pour faire croître la renommée européenne du groupe, mais en même temps, je suis très fier de ce qu’on a déjà réalisé.
Votre retour se fait rapidement, un an et demi après The Vermin Breed, vous vous êtes mis au travail sans attendre pour maintenir le nom After All dans l’actualité ?
C’était l’idée, oui. On a écrit la moitié des morceaux après la tournée avec Agent Steel. Puis, on a joué des festivals en été, on a fait la tournée avec Destruction et Candlemass, et on a écrit la deuxième moitié des morceaux en décembre 2005 et janvier 2006. On a commencé l’enregistrement en février 2006.
En tout juste un an je trouve votre dernier album nettement supérieur et beaucoup plus intéressant que son prédécesseur, vous avez testé une nouvelle recette de composition ?
Pas vraiment, mais il est vrai qu’on a dû travailler plus vite que normal. En même temps, ça nous a libéré vraiment. Le résultat, c’est qu’on a écrit plus spontanément. Aussi le fait de jouer beaucoup de concerts en 2005, nous a aidé à trouver des nouvelles idées. Les tournées en Europe nous ont donné beaucoup d’énergie aussi ;
Cela fait quoi de bosser avec des pointures reconnues au niveau du son comme Fredrik Nordstrom pour le mix et Tue Madsen pour le mastering ?
C’était bien cool, c’est clair. Pour les deux albums précédents, on avait travaillé avec Harris Johns (Kreator, Voivod, Sodom). Je suis toujours très content de son travail, mais pour le nouvel album il était temps d’essayer quelque chose d’autre. Le fait qu’on ait choisi Fredrik Nordström et Tue Madsen fait partie du succès de l’album aussi, je pense. Ils nous ont donné le son frais et puissant qu’on voulait.
Apparemment vous êtes des adeptes de la vidéo, on en trouvait déjà deux sur Mercury Rising (Beneath The Flesh et For Us Immortals) puis deux sur The Vermin Breed (avec un trailer de l’enregistrement et le clip de Descending Pain) et cette fois on trouve une vidéo studio pour Frozen Skin. Allez vous réaliser un véritable clip pour cet album ?
Non. Tous ces clips sont faits avec un budget très réduit. Mais les résultats sont quand même chouette à voir, je pense. L’idée du clip de « Frozen skin » était de donner au spectateur un petit tour au studio. Comme ça, on peut voir comment on travaille pendant l’enregistrement d’un album.
Un mot sur votre participation au Dynamo Metal Fest avec les cultes Helstar à l’affiche ? De plus vous venez de jouer avec Callenish Circle et Perzonal War avant d’être sur la même affiche que Saxon. Cela bouge beaucoup pour le groupe, vous ressentez les retombées éventuelles pour le groupe avec tous ces concerts ?
Le chanteur de Helstar James Rivera est un ami à nous, depuis qu’on a fait une tournée européenne avec Seven Witches et Overkill en 2003. Notre batteur a même joué une petite tournée avec Seven Witches en 2004. Quand James est revenu en Europe en 2004 pour quelques concerts avec Helstar, il nous a invité de nouveau. Il y a quelque mois, je l’ai vu de nouveau ici en Belgique. Il est le chanteur de Vicious Rumors.
Je pense qu’il est très important d’essayer de jouer de grands concerts, comme première partie d’autres groupes plus connus. Les dernières années, on a eu la chance de jouer des concerts avec des groupes comme Exodus, Armored Saint, Anvil, Saxon, Voivod, Paradise Lost, Life Of Agony, Heathen, Therion, Rage, etc, etc. Ces concerts nous ont déjà beaucoup aidé à faire circuler le nom du groupe dans la scène metal européenne.
Une date d’ailleurs sort du lot de vos nombreux shows avec un concert tout particulier à Bruges, le Special Hometown Show.
On a fait ce concert pour fêter la sortie du nouvel album avec tous nos amis, ici à Bruges. Evidemment, on a joué presque tous les morceaux du nouvel album, mais aussi des titres qu’on n’avait plus joués depuis 5 ans ou plus.
L’année 2007 risque d’être chargé pour After All, vous allez réussir à tout gérer ? Je suppose que chacun de vous à un boulot.
On a tous un boulot. 2007 sera très chargé, je pense. On espère faire au moins 50 concerts, comme on a fait en 2005 et 2006. Vous comprenez qu’il n’y a pas beaucoup de temps libre :). Pour le moment on est en train de vérifier les possibilités de faire partie d’une tournée européenne d’un groupe connu. A part ça, début 2007 on commencera à écrire de nouveaux morceaux. Le but c’est d’avoir enregistré 10 à 12 morceaux avant la fin de 2007, pour un nouvel album qui sortira début 2008.
Merci à toi pour ces









